Savoie: Un homme décède lors de l'expulsion de son logement, l'IGPN saisie

ENQUETE Les inspecteurs de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) étaient attendus sur place jeudi matin, après l’ouverture d’une enquête pour recherche des causes de la mort

20 Minutes avec AFP

— 

Une voiture de police (iIlustration).
Une voiture de police (iIlustration). — Clément Follain / 20 Minutes

Un homme de 52 ans est décédé d’un arrêt cardiaque, mercredi à Chambéry, lors de son expulsion, avec sa famille, de son logement, a annoncé le parquet, ce jeudi. La police des polices, l’IGPN, a été saisie. L’autopsie a conclu à un décès en lien avec une « dysfonction cardiaque » en ne relevant « aucune trace de coup ou de violence ».

Mercredi, des policiers du commissariat de Chambéry, accompagnés d’un huissier, ont procédé à l’expulsion de cette famille, en raison d’impayés, en application d’une décision de justice, a expliqué le procureur de la République Thierry Dran, confirmant une information du Dauphiné Libéré.

Un logement occupé « sans droit ni titre »

Il y avait déjà eu « deux vaines tentatives » d’expulsion les 3 et 14 juin, en vertu d’une décision judiciaire d’octobre dernier, a précisé le parquet de Chambéry jeudi soir. La famille occupait l’appartement « sans droit ni titre » depuis de nombreux mois, souligne le communiqué du parquet, et le père de famille « avait refusé toutes les propositions de logement qui lui avaient été faites depuis son arrivée à Chambéry au mois d’août 2017, choisissant de s’installer dans cet appartement inoccupé ».

« Il avait également refusé l’aide des services sociaux et la famille était suivie par le Juge des Enfants de Chambéry. Il s’était déjà montré menaçant à plusieurs reprises envers le personnel du bailleur social et des travailleurs sociaux », insiste le parquet.

Une expulsion violente ?

Mercredi, le père de famille a refusé d’obtempérer, s’est énervé, a commencé à insulter les fonctionnaires qui ont dû appeler des renforts, a précisé Thierry Dran. Il a alors été victime d’un malaise, et était en arrêt cardio-respiratoire à l’arrivée des pompiers, peu après 15 h, ont indiqué ces derniers. Il est décédé peu après.

Les inspecteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) étaient attendus sur place jeudi matin, a indiqué Thierry Dran. Des témoins ont fait état d’une scène assez violente. Simone, 88 ans, la voisine du rez-de-chaussée dans ce petit immeuble qui compte sept appartements, a expliqué « avoir encore dans les oreilles les cris abominables » du père de famille et de la plus jeune de ses filles lors de la scène.

Le père de famille, qui portait un pacemaker, aurait déjà fait plusieurs crises cardiaques

Elle a également confirmé avoir croisé la mère de famille l’an dernier, qui lui avait dit que son mari était à l’hôpital, pour un problème cardiaque, et qu’il était « très malade ». Selon elle, le dernier enfant de la famille est actuellement en couveuse à l’hôpital. Un voisin interrogé par Le Parisien assure de son côté que la victime « a dit qu’il ne se sentait pas bien » pendant l’expulsion.

Selon le journal, des témoins rapportent que le père de famille a été traîné de force dans l’escalier, et qu’il avait déjà mentionné « porter un pacemaker » lors de deux précédentes expulsions. Un autre voisin a indiqué avoir prévenu les policiers que l’homme « avait déjà fait des crises cardiaques ». Une autopsie devait être réalisée dans la journée, selon Thierry Dran.