Lyon veut garder « l'état d'esprit » de sa candidature

Frédéric Crouzet - ©2008 20 minutes

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Hier soir, une heure à peine après l'annonce de la désignation de Marseille, les grandes bâches « Lyon 2013 - Un désir partagé », qui ornaient l'Hôtel de Ville, étaient déjà retirées. La jolie brochure éditée pour la candidature de la ville, au titre de capitale européenne de la culture, recensant près de 200 projets créatifs, va-t-elle pour autant rejoindre les archives municipales ? Pas sûr. « La dynamique enclenchée demeure une force de proposition pour mieux inventer une nouvelle urbanité pour les Lyonnais, demain... », a réagi hier soir la Ville de Lyon dans un communiqué. « Ce qui devra rester de cette aventure, c'est avant tout l'état d'esprit de notre dossier, un esprit d'ouverture, de mieux vivre ensemble, d'interculturalité », souligne Georges Képénékian, l'adjoint à la Culture. Et parmi tous les projets de Lyon 2013, certains verront le jour, comme la Fête des fleuves, ainsi que le Prix du cinéma Lumière, deux événements figurant dans le programme électoral du maire Gérard Collomb (PS). Très déçus, les membres de la délégation lyonnaise, qui s'est rendue hier à Paris pour passer devant le jury son dernier grand oral, tentaient d'afficher un certain fair-play en saluant le choix de Marseille, « qui n'a pas encore le rayonnement culturel de Lyon ». Tout en regrettant le peu d'explication du jury sur sa décision. L'opposition municipale n'a pas tardé à y voir un « échec » pour Gérard Collomb. « Le projet Lyon 2013 a sans doute pêché par élitisme et manque d'assise populaire. Les grands absents du dossier de candidature ont bel et bien été les Lyonnais », reprochait, hier, le groupe Lyon Démocrate. « On aurait aimé être associés à cette candidature. Le maire de Lyon a eu une nouvelle fois une démarche dogmatique », a regretté Emmanuel Hamelin, conseiller municipal UMP. «Le « désir partagé » ne doit pas être qu'un slogan : il aurait dû se traduire par des actes ».