VIDEO. Lyon: Un service d'urgences unique dédié aux chevaux et autres équidés

REPORTAGE L’école vétérinaire de Marcy-l’Etoile possède le seul centre d’urgences et de soins intensifs pour les chevaux de France…

Caroline Girardon

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L'école vétérinaire de Lyon est le seul CHU de France à posséder un centre d'urgence et de soins intensifs pour les équidés.
L'école vétérinaire de Lyon est le seul CHU de France à posséder un centre d'urgence et de soins intensifs pour les équidés. — C.Girardon/20Minutes
  • L’école vétérinaire de Marcy-l’Etoile dans le Rhône accueille 1.500 équidés chaque année. En moyenne, un par jour qui passe par les urgences. Certains chevaux viennent d’Espagne ou d’Allemagne.
  • Ce « CHU pour chevaux » est le seul établissement de ce type en France. Il a été inauguré il y a deux ans et demi. « On a une médecine aussi pointue que celle des humains. »

Un brin craintive, Lysca se laisse entraîner dans le box. Là où elle doit subir de premiers examens. La jument de 18 ans souffre de coliques. Son état de santé inquiète. Six heures de fortes diarrhées peuvent suffire à terrasser un cheval. Elle a été envoyée mercredi au centre d’urgence et de soins intensifs pour équidés de Marcy-l’Etoile, près de Lyon, le seul qui existe en France. L’établissement a été inauguré il y a deux ans et demi sur le campus vétérinaire de Vetagro Sup.

« On suspecte la présence de tumeur », confie Gloria Rocafort, résidente en deuxième année, qui s’apprête à effectuer une palpation transrectale. L’animal dont les flancs ont été tondus, subira ensuite un lavage d’estomac. « On va devoir la sonder. C’est la partie la moins agréable. Comme elle était un peu stressée, on lui a posé un cathéter afin de lui administrer un tranquillisant », précise la jeune femme.

Des « patients » venus de toute l’Europe

Dans ce « CHU pour chevaux », quelque 1.500 équidés sont hospitalisés chaque année, dont un par jour en moyenne qui passe par le service des urgences. « On accueille des chevaux provenant d’un rayon de 500 kilomètres à la ronde », annonce le professeur Olivier Lepage. Certains viennent de Normandie, de Nice, de Suisse, d’Allemagne ou d’Espagne. Les équipes, composées de sept vétérinaires, assurent un service sept jours sur sept, se relayant jour et nuit. « Pour l’instant, c’est calme », glisse Gloria Rocafort. Le pic d’activité est généralement observé entre 23h et 4h du matin.

Dans le service, on soigne aussi bien les ânes, que les chevaux de traits, les poneys ou les stars des hippodromes. « On ne fait aucune différence. Le traitement est le même », sourit Olivier Lepage, chirurgien de renommée internationale, constatant une augmentation des cas « gériatriques » depuis quinze ans. « Avant, on euthanasiait les chevaux blessés ou on les envoyait plus facilement à la boucherie », ajoute-t-il.

Assommée par les médicaments, Lysca, la tête baissée et les yeux mi-clos se laisse conduire en salle d’échographie. L’examen ne révélera aucune anomalie… pour l’instant. « Les animaux restent en soins intensifs tant que l’on n’a pas de diagnostic », explique Olivier Lepage. La normale n’excède pas sept jours.

« On a une médecine aussi pointue que celle des humains »

« On refait les examens régulièrement, et dans certains cas, toutes les heures. C’est la somme de petits tests qui vont nous guider vers le bon diagnostic », poursuit le chirurgien. « Selon ce que l’on trouvera, on prendra une décision médicale ou chirurgicale », enchaîne Gloria Rocafort. D’ici quelques heures, la jument malade ira peut-être au bloc opératoire où les chirurgiens procèdent de la même façon que pour des humains. A quelques nuances près.

« L’animal est placé debout dans un box capitonné où il est endormi. Ensuite, il est suspendu par un treuil et transporté sur une table roulante de cette façon en salle de chirurgie », détaille Olivier Lepage, précisant que les patients à quatre pattes peuvent parfois peser jusqu’à une tonne. Et de conclure : « On a une médecine aussi pointue que celle des humains. »