Traquer le cancer dans chaque molécule

Frédéric Crouzet - ©2008 20 minutes

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Un « bond technologique » pour la détection précoce des cancers et des maladies génétiques. Le Centre européen de résonance magnétique nucléaire (CRMN), inauguré hier à Villeurbanne, face au campus de la Doua, sera équipé à l'automne du spectromètre le plus puissant au monde.

Déjà doté des appareils les plus performants de France, ce nouveau laboratoire commun au CNRS, à l'ENS et à Lyon-I, va permettre l'étude de la structure de la matière, en utilisant les propriétés magnétiques des atomes, avec une précision jamais atteinte. « On va voir de plus en plus petit et de plus en plus complexe », résume Pierre Toulhoat, directeur du CRMN, équipement de 1500 m2 conçu pour accueillir chaque mois des dizaines de chercheurs du monde entier. Ce centre de recherche, financé par l'Etat et la région, va notamment travailler sur l'amélioration du diagnostic médical en cancérologie, grâce à la détection de plus petites molécules, ainsi que pour les déficiences rénales, hépatiques et certaines maladies génétiques. « Cette technologie pourra aider les cliniciens dans leurs choix thérapeutiques en allant plus loin dans le diagnostic », estime Marc Dumas, chercheur au CRMN. La résonance magnétique nucléaire « nouvelle génération » trouve également d'autres applications en pharmacie, en toxicologie, pour l'étude des virus ou pour la chimie, où des analyses pourront être effectuées à partir d'échantillons à très faible concentration. Le coût de ce nouveau spectromètre est estimé à 12 millions d'euros et sera financé par le CNRS.