Lyon: Pourquoi les régulateurs TCL sont-ils en grève ?

MOUVEMENT SOCIAL Ils entament une grève illimitée à compter de ce lundi...

Caroline Girardon

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Lyon, le 15 octobre 2015. Illustration du métro à Lyon sur la ligne D.
Lyon, le 15 octobre 2015. Illustration du métro à Lyon sur la ligne D. — Elisa Frisullo / 20 Minutes
  • Les régulateurs, chargés de surveiller et piloter le réseau des métros à Lyon, entament ce lundi une grève illimitée.
  • Leurs revendications sont avant tout techniques.
  • Le mouvement pourrait s'enliser car la direction de Keolis estime avoir proposé des «avancées significatives»

La grève avait été annoncée pour le 22 octobre avant d’être subitement suspendue. Cette fois, les régulateurs du réseau TCL ont mis leurs menaces à exécution, entamant à partir de ce lundi 12 novembre une grève illimitée. Chaque jour, les perturbations seront différentes sur le réseau, que ce soit le matin, l’après-midi ou la nuit. L’occasion de revenir sur les raisons de ce mouvement.

Qui sont les régulateurs ? Tels des pilotes aux commandes d’un avion, les régulateurs sont chargés de surveiller le réseau des métros à Lyon, de cadencer la fréquence de rames, de donner des ordres et d’intervenir en cas d’incident. Ils interviennent pour des problèmes de natures diverses : agressions dans une rame, malaise, suspicion de colis piégé, désordre sur les quais ou problème technique.

Sur quoi portent leurs revendications ? « On ne demande pas de fric », annonce en préambule Christian Schwetzoff, du syndicat Ugict-Cgt, le seul à avoir déposé un préavis de grève. La grogne des régulateurs est liée à un seul facteur technique : le nombre d’agents déployés dans les cabines pour surveiller le réseau.

Actuellement, neuf agents sont postés sur la ligne D du métro : trois le matin, autant l’après-midi et le soir. Les lignes A et B, qui sont mutualisées, en comptent à elles deux, deux ou trois selon les créneaux horaires. Enfin, un régulateur est déployé sur la ligne C le matin, l’après-midi et en soirée. La principale source de discorde concerne la ligne A.

Kéolis, qui gère le réseau des transports en commun lyonnais aurait proposé de diminuer le nombre de régulateurs sur cette ligne en question et d’en conserver un seul lors des périodes de moindre activité. Le syndicat en réclame deux en permanence.

« La direction estime qu’il n’est pas toujours nécessaire d’avoir autant de régulateurs tout au long de la journée. Mais l’usager du matin a le droit d’avoir la même sécurité que celui qui prend le métro le soir, les jours fériés ou lors des périodes de vacances », appuie Christian Schwetzoff. Et d’ajouter : « Il faut que les moyens humains soient constants pour résoudre l’ensemble des incidents sur le métro, qu’ils surviennent sur les quais ou dans les rames, que cela concerne des agressions ou des problèmes techniques ».

Que répond la direction ? De son côté Keolis a jugé « ce mouvement de grève incompréhensible ». « A l’issue de plusieurs groupes de travail, et après une analyse technique détaillée des besoins en personnel, il a été décidé qu’un renfort en effectifs serait mis en place », explique l’entreprise dans un communiqué. Et de détailler : « Nous avons décidé de passer de 4 à 5 régulateurs en heure de pointe et de 3 à 4 la nuit ».

Combien de temps va durer la grève ? « Elle risque de durer », annonce Christian Schwetzoff, précisant que des préavis seront déposés pour tous les jours de cette semaine. « Nous n’avons pas réussi à nous entendre et nous sommes toujours dans un rapport de force. On ne transige pas avec la sécurité. Nous continuerons tant que les négociations n’auront pas repris », conclut le délégué syndical.