A Lyon, un ancien président d'université sanctionné

EDUCATION A 61 ans, Gilles Guyot, l’actuel directeur de l’Institut d’administration des entreprises (IAE) comparaissait lundi et mardi devant la section disciplinaire pour «atteinte à l'honneur et à la probité des fonctionnaires», après sa condamnation pour prise illégale d’intérêt et favoritisme...

A Lyon, Frédéric Crouzet

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Les années 60 voient les générations nombreuses issues du baby-boom accéder de plus en plus massivement à l'université, un phénomène, parmi les sources de l'explosion de Mai 68, qui s'amplifiera jusqu'au milieu des années 1970.
Les années 60 voient les générations nombreuses issues du baby-boom accéder de plus en plus massivement à l'université, un phénomène, parmi les sources de l'explosion de Mai 68, qui s'amplifiera jusqu'au milieu des années 1970. — Fred Dufour AFP/Archives

Il va devoir faire ses cartons. Gilles Guyot, ancien président de l’Université Lyon-III (1997-2002), a été sanctionné mardi soir par une mise «en retraite d’office» par le Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER). A 61 ans, l’actuel directeur de l’Institut d’administration des entreprises (IAE) comparaissait lundi et mardi devant la section disciplinaire pour «atteinte à l'honneur et à la probité des fonctionnaires» après sa condamnation pour prise illégale d’intérêt et favoritisme. La cour d’appel de Lyon lui avait infligé en février dernier 7 000 euros d'amende pour avoir fait embaucher illégalement sa sœur à l’université et omis de passer un appel d'offres pour des frais de réception dépassant 300 000 euros. «Cette sanction grave met un terme définitif à la carrière de Gilles Guyot et permet enfin de tourner une page de l'Université Jean Moulin Lyon 3», se sont félicités le syndicat étudiant Unef et l’association Hippocampe, à l’origine des poursuites.

Gilles Guyot, président contesté pour n’avoir pas engagé de procédures à l’encontre d’enseignants négationnistes, refusait de quitter son poste de directeur de l’IAE. Malgré les demandes répétées de l’actuel président Hugues Fulchiron «pour préserver l’honneur de l’université». Gilles Guyot avait été relaxé en mars 2007 par la section disciplinaire de l’Université Jean-Moulin, saisie par l’ancien recteur Alain Morvan. Des étudiants de l’association Hippocampe et du syndicat Unef avaient obtenu de la ministre de l’Enseignement Valérie Pécresse que le cas de Gilles Guyot soit reéxaminé par le CNESER.