On a suivi une brigade spécialisée terrain qui patrouille dans les Quartiers de reconquête républicaine

SÉCURITÉ Il s'agit d'une mesure phare de la police de sécurité du quotidien mise en place par le Ministre de l'Intérieur...

Caroline Girardon

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30 policiers supplémentaires sont venus grossir les rangs de la police à Lyon dans le cadre de la mesure des
30 policiers supplémentaires sont venus grossir les rangs de la police à Lyon dans le cadre de la mesure des — C. Girardon / 20 Minutes
  • Depuis le 24 septembre, 30 gardiens de la paix sont venus prêter main-forte aux policiers déployés dans le VIIIe arrondissement de Lyon.
  • Ce quartier a été classé « Quartiers de reconquête républicaine » par le ministre de l’Intérieur.
  • Une brigade spécialisée de terrain est chargée de lutter contre la délinquance de quartier.

Des pommes balancées d’une fenêtre à moitié fermée. Et d’autres projectiles. La cité en question est pourtant réputée comme « calme ». Mais c’est un signe que la police n’est pas toujours la bienvenue aux pieds des barres d’immeuble. Là où l’économie souterraine est reine. Là où le trafic de drogue se fait dans les cages d’escalier, à l’abri des regards indiscrets. « Si on balance des projectiles, c’est qu’en général, on a quelque chose à cacher et qu’on ne veut pas nous voir monter », glisse un agent, pistolet à la ceinture.

Depuis le 24 septembre, 30 gardiens de la paix sont venus renforcer les effectifs déjà déployés dans le VIIIe arrondissement de Lyon, classé «Quartiers de reconquête républicaine». Dix-huit d'entre eux appartiennent à la Brigade spécialisée de terrain, qui sillonne la zone chaque jour de 16h à minuit. Leur mission : enrayer la délinquance de quartier.

Accroître la présence policière sur la voie publique

« Avant, les agents étaient davantage dans l’assistance aux gens. Là c’est différent. Cela comble un vide », note le capitaine Jean-Pierre Brunetto. Et de préciser : « Cette brigade permet d’accroître notre présence sur la voie publique. On va pouvoir davantage se poster à la sortie des métros ou des stations de tramways, des endroits où on ne pouvait pas aller auparavant en raison d’un manque d’effectifs. »

Le programme du jour consiste à effectuer une visite dans les parties communes d’une barre d’immeubles pour fouiller les lieux. « On a une autorisation permanente du bailleur », appuie Guy, chef de service. Bilan : pas d’armes trouvées, ni de drogue, ni d’objets volés mais deux jeunes ayant garé leur scooter sur le palier de leur logement.

« La règle est d’être respectable si l’on veut se faire respecter »

« Ils ont dit qu’ils avaient peur de se le faire voler. On leur a répondu que c’était illégal et que l’on ne pouvait pas faire n’importe quoi, que cela pouvait gêner les mamans qui ont des poussettes par exemple. Mais cela s’est bien passé. Le dialogue a été serein », raconte la major de la BST.

« La règle est d’être respectable si l’on veut se faire respecter », ajoute Jean-Pierre Brunetto, précisant que les agents n’ont en général pas trop de difficultés à pénétrer dans les immeubles. Mais chaque intervention est courte. « Les opérations menées durent dix à douze minutes pour ne pas que dehors, les gens s’organisent afin de nous attendre », explique le major.

Pas question d’être trop clément non plus. « Quand on a ciblé un point, on y va. On ne le quitte pas tant que l’on n’a pas résolu le problème même si cela prend deux mois. Certes, on ne peut pas être de partout à la fois mais on ne lâche rien », conclut Guy.