Les étudiants grévistes en sursis

Elisa Frisullo - ©2008 20 minutes

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Des cris sourds d'indignation ont accueilli les réquisitions. Hier, le procureur de la République du tribunal correctionnel de Lyon a requis 4 mois de prison avec sursis à l'encontre de deux étudiants de Lyon-II et Lyon-III, poursuivis pour avoir « exercé délibérément des violences sur des policiers », le 6 décembre 2007. Ce matin-là, Florian et Pascal participaient avec 60 autres étudiants mobilisés contre la loi LRU, au blocage « pacifique » de l'une des cinq entrées de Lyon-II, rue Chevreul (7e). Sur demande de la présidence de l'université, les forces de l'ordre font alors évacuer les abords de la fac, « à coups de pied et de matraques », selon plusieurs témoins.

Florian et Pascal, respectivement syndiqués à la Fédération syndicale étudiante (FSE) et SUD-Education sont alors interpellés pour avoir asséné « à plusieurs reprises des coups de pieds aux jambes et au visage » de deux policiers. Une version fermement contestée à la barre par les deux jeunes, dont l'un a seulement admis hier « avoir pu » dans le tumulte « repousser avec les pieds » les policiers. Le jugement a été mis en délibéré au 12 juin. Mais d'ores et déjà, cette affaire a laissé des traces au sein de l'université, où depuis le mois de décembre, la présidence de Claude Journès est contestée tant par la FSE - devenue le syndicat étudiant majoritaire au sein du conseil d'administration - que par le CA lui-même. Ce dernier a, par deux fois déjà, mis en minorité le président, en refusant de valider la liste de cinq personnalités extérieures invitées à intégrer le conseil.