Lyon: Licenciés pour faute, ils estiment être victimes de discrimination liée à leur origine maghrébine

JUSTICE Quatre anciens employés accusent leur ancien patron d’avoir fait preuve de discrimination avec leur licenciement…

G.D. avec AFP

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L'agence Avis de l'aéroport de Lyon.
L'agence Avis de l'aéroport de Lyon. — Google Maps
  • Deux anciens salariés de l’agence de location Avis contestaient leur licenciement devant les Prud’hommes à Lyon.
  • Ils estiment être victimes de discrimination, liée à leur origine maghrébine.
  • Le Défenseur des droits a conclu à une « procédure disciplinaire arbitraire et ciblée ».

Ils dénoncent une discrimination basée sur leur origine. Quatre anciens salariés d’une agence de location de voitures Avis, à Lyon, contestent leur licenciement pour faute grave devant le conseil de prud’hommes.

Lundi, les cas de deux d’entre eux ont été examinés par la juridiction, les deux autres le seront le 5 novembre. Ces trois assistants commerciaux et un technicien de l’agence Avis à l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry estiment que leur renvoi est lié à leur origine maghrébine.

Différence de traitement

Licenciés pour faute grave, pour le premier en juillet 2014 et en août 2015 pour le deuxième, ils ont raconté à l’AFP en marge de l’audience « les différences de traitement » avec leurs collègues et « le climat hostile » qui régnait dans cette agence employant une quarantaine de salariés.

« Ce qui nous est reproché, c’est ce que tout le monde fait », ont-ils ajouté. La société Avis leur reproche d’avoir accordé des remises commerciales à des clients sans autorisation et de ne pas avoir respecté les procédures, engendrant ainsi des primes indues.

Leur avocate, Me Valérie Mallard, a plaidé la nullité de leur licenciement en faisant valoir que des collègues ayant enfreint les mêmes règles « n’avaient pas été sanctionnés ».

Procédure disciplinaire arbitraire

Dans cette affaire, le Défenseur des droits, autorité administrative indépendante dirigée par Jacques Toubon, a mené durant plus de trois ans une enquête qui a notamment comparé les contrats établis par les requérants et leurs collègues. Il a conclu à « une procédure disciplinaire arbitraire, ciblée » et « détournée pour les évincer ».

L’avocate d’Avis, Me Audrey Tomaszewski, a réfuté toute discrimination en assurant que ces salariés, comme d’autres en France « d’origine non maghrébine », avaient été sanctionnés pour avoir « pratiqué des fraudes ». La décision doit être rendue le 24 septembre.