Givors s'accroche à ses prud'hommes

Frédéric Crouzet - ©2008 20 minutes

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Touche pas à mon conseil des prud'hommes. Une délégation d'environ 70 élus locaux, syndicalistes et employeurs s'est rassemblée hier devant la préfecture du Rhône pour dénoncer la fermeture annoncée de huit conseils de prud'hommes de Rhône-Alpes dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire. A la tête de ce combat et du collectif des 63 communes de France concernées, Martial Passi, maire PCF de Givors. Il doit rencontrer aujourd'hui le ministre du Travail, alors que le conseil supérieur des prud'hommes se prononce ce jour sur le texte de la réforme après une phase de concertation.

« Pas une virgule du texte initial n'a été changée. C'est une mascarade de démocratie alors que nous avions proposé des solutions. Le conseil de Givors pourrait absorber des affaires de celui de Lyon, qui est surchargé », tempête l'élu. Le collectif des 63 exige toujours un moratoire des fermetures de conseils de prud'homme, qui tranchent les conflits du travail, jusqu'en 2013. Le décret d'application de la réforme devrait cependant paraître début mai. « Il reste encore un peu de temps pour de nouvelles actions », annonce Bernard Augier, président CGT du conseil de Lyon. En visite hier à Lyon, le directeur général du Travail Jean-Denis Combexelle a estimé que ces protestations « n'auront aucune répercussion sur le bon déroulement des élections prud'homales du 3 décembre, l'enjeu étant trop important pour les syndicats qui testent ainsi leur audience ».