Lyon: Un mois pour tester le bénévolat (et s'engager ensuite pour une association)

SOLIDARITE Jusqu’au 31 mars, les Lyonnais sont invités à tester le bénévolat grâce à plus de 1.000 expériences proposées via la plateforme « Tous unis tous Solidaires »…

Caroline Girardon

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Pendant un mois, les Lyonnais sont invités à tester le bénévolat en accompagnant un bénévole d'une association pendant quelques heures.
Pendant un mois, les Lyonnais sont invités à tester le bénévolat en accompagnant un bénévole d'une association pendant quelques heures. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Jusqu’au 31 mars, les Lyonnais sont invités à tester le bénévolat.
  • Mille expériences sont proposées sur la plateforme « Tous Unis tous solidaires ».
  • L’an dernier, 50 % des personnes inscrites se sont ensuite engagées dans une association.

Une journée. Ou quelques heures seulement. Pour la troisième année consécutive, les Lyonnais sont invités à tester le bénévolat et à s’engager seulement un jour pour une association. L’opération dure un mois (jusqu’au 31 mars). Plus de 1.000 expériences, qu’elles soient sociales, culturelles, sportives, culinaires ou éducatives sont actuellement référencées sur le site internet de l'événement «Tous Unis tous solidaires».

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Le concept : « Déclencher ce petit déclic chez les citoyens car beaucoup n’osent pas franchir le pas. Ils ont envie de s’investir mais ne trouvent pas la porte d’entrée », explique Caroline Heyndricks, chargée de mission.

La peur de ne pas avoir le temps, ni les compétences requises

« Beaucoup ne le font pas car ils ont peur de ne pas avoir le temps nécessaire ou de n’être pas assez qualifiés. Ils ont peur également d’être piégés dans une démarche. Et tout seul, on ne fait rien, on ne se lance pas », complète Aude Prétet d’Habitat et Humanisme, association à l’origine de cette opération.

Le but est ainsi de créer des vocations. Et de tordre le cou aux idées reçues. Chaque volontaire, qui répondra à une annonce, est invité à accompagner quelques heures, un bénévole déjà engagé, à le suivre dans ses activités, l’observer, lui poser des questions. C’est le cas de Régine, 50 ans, qui a poussé mercredi les portes du Bistrot des amis, un établissement où l’on accueille les « gens massacrés par la vie ». Sa mission du jour : confectionner des tartes aux pommes pour ceux qui viendront manger le soir même.

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« J’ai appris à faire une pâte brisée », lance-t-elle en riant. Et d’ajouter : « J’avais envie depuis longtemps d’être utile mais je ne suis jamais passée à l’action car je ne savais pas par où commencer ».

Au départ, celle qui travaille dans la gestion locative et la décoration envisageait d'« aider des enfants ». « Je souhaitais m’investir auprès d’enfants malades ou ceux qui vivent dans des pays pauvres ». Elle a finalement changé d’avis, ne pensant pas « être suffisamment armée pour cela ». « Quand on voit aujourd’hui des gens dormir sur un trottoir, emmitouflés dans une couverture, quand on voit la misère en bas de chez soi tous les jours, on se dit qu’il n’y a pas besoin d’aller chercher plus loin ».

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C’est Henry, 69 ans, qui est chargé ce jour-là de lui montrer les bases de la cuisine. L’homme vient ici une fois par semaine, depuis sept ans, passer quelques heures derrière les fourneaux. « A la maison, c’est souvent moi qui cuisine et j’ai l’habitude de faire à manger pour une famille nombreuse. Quand j’ai su que l’association recherchait un cuisinier, je suis venu avec mon tablier sous le bras et je ne suis jamais reparti », explique-t-il.

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Ce qui le guide ? « Faire un repas de fête », répond-il, penché sur son moule à tarte, affairé à disposer harmonieusement des morceaux de pomme. « J’aime que ça ait de la gueule. Ici, c’est le seul endroit où certains ont la chance de manger un vrai repas », ajoute-t-il espérant susciter des vocations par le biais de l’opération.

50 % des inscrits s’inscrivent ensuite

« Ce qui est sur est que les retombées sont plus importantes que lors d’un forum des associations où entre 10 et 15 % des personnes qui viennent se renseigner, s’engagent ensuite », enchaîne Mathieu de l’association Habitat et Humanisme. L’an dernier, « 50 % de ceux qui ont participé à l’événement, se sont engagés auprès d’une association de façon pérenne », selon Caroline Heyndricks. Six mois plus tard, les deux tiers étaient toujours en activité. « 46 % sont restés dans la même association et 20 % sont allés dans une autre », complète la jeune femme, précisant que 80 % des utilisateurs du site internet l’an dernier, étaient âgés de moins de 35 ans.