Lyon: Elle croque la ville vue du ciel et cartonne grâce à ses illustrations

PORTRAIT Émilie Ettori, 28 ans, est l’une des illustratrices les plus en vue de Lyon…

Caroline Girardon

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Dans son atelier, Emilie Ettori croque les différents quartiers de Lyon vus du ciel. Lancer le diaporama
Dans son atelier, Emilie Ettori croque les différents quartiers de Lyon vus du ciel. — Emilie Ettori
  • Emilie Ettori, 28 ans, est l'une des illustratices incontournables du moment à Lyon.
  • Ses dessins des différents quartiers de la ville, vus du ciel, ont rapidement séduit le public. 

Depuis deux ans, ses dessins envahissent la toile. Émilie Ettori, 28 ans, est en train de se tailler une solide réputation dans le monde de l’illustration. Ses coups de crayon, son sens du détail et ses quartiers vus du ciel, l’ont rapidement propulsée sur le devant de la scène.

La preuve : Only Lyon, qui accompagne les projets assurant la notoriété et l’attractivité de Lyon à l’international, a choisi quatre de ses dessins sur son site internet pour illustrer les quartiers les plus emblématiques de la ville. Et inciter ainsi les touristes à venir y déambuler. Une fierté pour la jeune femme.

Architecte de formation

« C’est la magie d’Instagram. Cela offre une belle visibilité, plaisante-t-elle. Je poste régulièrement mes créations sur les réseaux sociaux. C’est comme ça qu’ils ont vu mon travail et qu’ils m’ont contactée. » Au départ, rien la prédestinait à suivre cette voie-là.

Diplômée en 2013 de l’école d’architecture de Vaulx-en-Velin, Émilie plaque tout, trois ans plus tard, poussée par l’envie d’être indépendante. Comme ses parents artistes chanteurs qui ont toujours travaillé à leur compte. Elle abandonne alors les projets de réhabilitation de bâtiments sur lesquels elle avait l’habitude de plancher, pour se mettre à croquer sur le papier ses quartiers préférés.

Cartes postales, affiches, posters... Emilie Ettori croque les différentes quartiers de Lyon vus du ciel.
Cartes postales, affiches, posters... Emilie Ettori croque les différentes quartiers de Lyon vus du ciel. - Emilie Ettori

La BD comme source d’inspiration

« En architecture, la plupart des dessins se réalisent sur ordinateur. Là, je peux m’exprimer crayon à la main. Il y a une dimension plus artistique et manuelle qui me manquait, ajoute-t-elle. Cela correspond davantage à mon tempérament. »

Son credo, elle va le trouver rapidement : dessiner les quartiers de sa ville vus du ciel. « Je n’ai rien inventé, glisse-t-elle en souriant. Je m’inspire de l’axonométrie, une technique à cheval entre le plan et la 3D, utilisée en architecture pour faire comprendre l’espace aux clients. » Elle ajoute sa touche personnelle : de petits détails, des clins d’œil et des traits de crayon qui rendent ses croquis semblables à des bandes dessinées. Un univers qu’elle a découvert sur le tard mais qui l’inspire désormais au quotidien.

« Petits scénarios »

« Le challenge c’est à chaque fois de trouver les éléments qui font reconnaître en un coup d’œil les lieux, qu’on n’a pourtant pas l’habitude de voir sous cet angle-là », complète-t-elle. Elle s’imagine certaines fois de « petits scénarios », ajoute des éléments qui n’existent pas et s’amuse avec curiosité de savoir si les « gens vont les voir ».

C’est une amie, installée dans le quartier de la Croix-Rousse, qui lui a mis le pied à l’étrier en l’invitant à participer à une exposition. Son entourage l’incite à enchaîner les marchés de créateurs et ouvrir sa boutique sur la plateforme Etsy. Un sacré tremplin.

« Ces groupes-là sont très actifs, ils ont les moyens d’organiser des événements auxquels ils m’ont fait participer. Cela m’a ouvert des portes », reconnait-elle. Les commandes démarrent. Des particuliers mais aussi des entreprises comme le magazine Vivre Lyon, qui utilise l’une de ses illustrations de la Guillotière en Une.

Après Lyon, Emilie Ettori dessine également des quartiers de Paris vus du ciel.
Après Lyon, Emilie Ettori dessine également des quartiers de Paris vus du ciel. - Emilie Ettori

Aujourd’hui, la jeune femme fourmille de projets, notamment croquer un peu plus Paris ou d’autres villes de France. Mais aussi des quartiers lyonnais inexplorés jusque-là : celui des Gratte-ciel à Villeurbanne et celui Jean Macé pour lequel elle a « beaucoup de demandes » et près duquel elle réside. « L’architecture peut paraître moins intéressante mais que tu y vis, tu vois d’autres choses qu’une simple image », conclut-elle.

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