Shimon Peres sous haute surveillance

Dalya Daoud - ©2008 20 minutes

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« Lyon a été un centre de la Résistance, et les héros de la Résistance sont aussi les héros du peuple juif », a déclaré hier Shimon Peres, en visite à Lyon. Conduit dans une voiture aux vitres teintées au Centre d'histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD, 7e), le président israélien n'a pas croisé le comité d'accueil hostile qui brandissait des pancartes le qualifiant de « criminel ». Appartenant au « collectif 69 de soutien au peuple palestinien », les dizaines de manifestants ont protesté, assis devant des CRS, contre la venue du « représentant d'un Etat qui, chaque jour, bafoue les droits humains et n'applique aucune des dispositions du droit international ». Selon eux, cette visite d'Etat était d'autant plus « choquante » qu'elle s'est en partie tenue au CHRD. « M. Peres n'est pas le bienvenu à Lyon, capitale de la Résistance », ont-ils résumé, sous des banderoles soutenant la Palestine. Eloignés par les CRS, leurs slogans n'ont pas importuné le passage du président, reçu par Gérard Collomb, maire PS de Lyon, et maintenu sous haute escorte.

Pour cette visite officielle, la première d'un dirigeant israélien à Lyon, un hélicoptère de la gendarmerie a survolé la ville une grande partie de la journée. Après la visite du CHRD, Shimon Peres s'est entretenu avec un survivant de la Shoah, un des derniers Justes du Rhône et un ancien aide de camp du chef de l'Armée secrète. Il a ensuite déposé une gerbe en mémoire des victimes torturées par la Gestapo, autrefois installée dans les bâtiments du CRHD.