Lyon: Des mesures prises pour encadrer le marché des «meublés de tourisme», type Airbnb

ECONOMIE Les mesures devront entrer en vigueur à partir du 1er février...

Caroline Girardon
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Une annonce Airbnb. (illustration)
Une annonce Airbnb. (illustration) — Melanie Wenger / Isopix
  • La Ville de Lyon et la Métropole vont faire voter une délibération pour encadrer le marché des meublés touristiques.
  • Les propriétaires qui louent leurs biens sur des plateformes de logements entre particuliers, devront se soumettre à de nouvelles obligations dès le 1er février.
  • Les deux collectivités souhaitent « protéger l’habitat » et mettre fin à la « concurrence » déloyale vis-à-vis des hôtels.

Des propriétaires qui abuseraient un peu trop ? La Métropole de Lyon et la ville ont annoncé mercredi qu’elles allaient voter vendredi et lundi, une délibération pour encadrer le marché des «meublés de tourisme», type Airbnb.

Dans les faits, à partir du 1er février, les propriétaires d’un logement de moins de 60 mètres carrés devront désormais s’enregistrer auprès de la Ville de Lyon (par le biais d’un service de déclaration en ligne) pour obtenir un numéro qu’ils devront impérativement indiquer lorsqu’ils posteront une annonce sur les plateformes de location de logements de particuliers. Une condition : ne pas dépasser les 120 jours de location par an. Sinon leur logement sera considéré comme une résidence secondaire.

Montant compensatoire

Ceux qui disposent d’une habitation de plus de 60 mètres carrés seront obligés de payer un montant compensatoire. En d’autres termes, ils devront verser une somme équivalente aux prix d’achat de leur appartement. Même chose pour ceux qui louent leur petite surface plus de 120 jours par an. Une manière pour les collectivités de faire la chasse aux abus.

« Les personnes qui louent leur logement plus de 120 jours par an bloquent de fait le marché. Ce sont autant d’offres en moins pour accueillir les habitants à long terme », relève David Kimelfeld, président de la Métropole. « En 2015, 4.000 mètres carrés de plancher ont quitté le marché du logement pour être transformés en meublés touristiques. Cela représente 61 appartements ou studios », précise Michel Le Faou, en charge de l’urbanisme et de l’habitat.

« Concurrence déloyale »

La ville et la Métropole ne s’en cachent pas, il s’agit également de « garantir l’équilibre du développement touristique » de certains quartiers en empêchant que « le centre-ville ne devienne un musée » et « en protégeant l’habitat ». C’est aussi mettre fin à une « concurrence déloyale » vis-à-vis des hôtels.

« On recense 14.000 chambres d’hôtels dans l’agglomération lyonnaise et 6.500 offres de types Airbnb sur Lyon uniquement. C’est-à-dire l’équivalent de 100 hôtels », développe Laurent Duc, président de l’Umih (union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie). Et de rappeler qu’à l’inverse des particuliers, les hôtels doivent « répondre aux normes de sécurité, et s’acquitter de charges ou de diverses obligations comme le contrôle des installations électriques ».

Des amendes pouvant aller jusqu’à 50.000 euros

Par ailleurs, deux postes d’agents rattachés à la direction de l’aménagement urbain, seront chargés d’effectuer les contrôles et de verbaliser (amende pouvant aller jusqu’à 50 000 euros) en cas d’infractions. Ils seront également assermentés pour intervenir chez les propriétaires pris en flagrant délit de non-respect de cette nouvelle mesure.