Explosion mortelle cours Lafayette à Lyon

FAIT DIVERS Un pompier est mort et quarante prsonnes ont été blessées...

Frédéric Crouzet. Photos : Bruno Amsellem

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Les pompiers balaient la chaussée jonchée d'éclats de verre et de débris, inspectent les vitrines soufflées. D'autres achèvent de maîtriser un foyer d'incendie à la lance. Les visages sont fermés. Un impressionnant silence régnait hier, en fin de journée, dans le quartier Lafayette-Garibaldi (6e et 3e), évacué après la violente explosion de gaz qui a coûté la vie à un sapeur-pompier de 35 ans et ravagé le quartier. Selon le dernier bilan, publié hier soir par la préfecture du Rhône, 40 autres personnes ont été blessées, dont une se trouvait dans une état grave après avoir été touchée par le souffle de la déflagration, qui s'est produite à 12h20.

Vers 11h30, des ouvriers qui travaillent au remplacement d'une conduite d'eau devant le 117 du cours Lafayette percent accidentellement une conduite de gaz. Ils préviennent immédiatement les secours et demandent aux voisins d'évacuer. Policiers, pompiers et agents de GDF arrivent rapidement sur place, établissent un périmètre de sécurité. Les pompiers partent inspecter l'immeuble du 117 et effectuent des mesures de gaz. « On se replie », lance alors un gradé. Cinq secondes plus tard, la poche de gaz qui s'est stockée dans les sous-sols du bâtiment explose et éventre le rez-de-chaussée. Un pompier, qui se trouvait dans le garage, est enseveli sous les gravats. Il décédera quelques heures plus tard à l'hôpital. La canalisation prend feu et les flammes se propagent dans l'immeuble. « On a vu un pompier voler en l'air, les gens se sont mis à courir », raconte un témoin.

Le périmètre de sécurité est alors étendu. Pas moins de 300 policiers sont mobilisés pour faire évacuer six pâtés d'immeubles. Entre 500 et 1.000 personnes doivent quitter leur domicile. « Le gaz s'est propagé par les égouts. On craint une seconde explosion », lance un policier en faisant reculer la foule. Michelle Alliot-Marie se rend sur place peu après 15 h. Une enquête judiciaire a été ouverte hier pour « homicide et blessures involontaires ». Entourée de journalistes, elle se rend devant l'immeuble sinistré qui fume encore. Un pompier arrose des photographes pour les faire reculer. « Il y a encore du gaz », lâche l'un d'eux, agacé. Le troisième foyer d'incendie n'est encore pas maîtrisé. Et ils viennent de perdre un des leurs.

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