Lyon: Extrême droite radicale et extrême gauche interdites de manifestation par le préfet

SÉCURITÉ Le préfet du Rhône a pris un arrêté en ce sens ce jeudi pour éviter des «troubles à l’ordre public» samedi dans le centre de Lyon…

Elisa Frisullo

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Des policiers seront probablement mobilisés dans le centre ville samedi pour s'assurer du bon respect de l'interdiction de manifester. Illustration.
Des policiers seront probablement mobilisés dans le centre ville samedi pour s'assurer du bon respect de l'interdiction de manifester. Illustration. —
  • Bastion social, un mouvement d’extrême droite radicale récemment créé à Lyon appelait à manifester samedi dans le centre-ville.
  • Plusieurs mouvements antifascistes prévoyaient une contre-manifestation.
  • Le préfet du Rhône a justifié cette interdiction par les risques «de troubles à l’ordre public» et menaces «d’affrontements» entre les militants.

Quelle que soit leur mouvance politique, ils n’auront pas le droit de défiler ce samedi à Lyon. Le préfet du Rhône Henri-Michel Comet a pris ce 5 octobre un arrêté visant à interdire deux manifestations prévues ce samedi dans le centre-ville par l’extrême droite radicale et l’extrême gauche.

La manifestation prévue par des groupuscules d’extrême droite « est organisée par un groupement qui s’est déjà distingué par l’organisation d’actions illégales. Cette interdiction a été également prise en raison du risque de troubles à l’ordre public : le cortège devait emprunter des rues très fréquentées ce samedi après-midi », indique la préfecture dans un communiqué.

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« Par ailleurs, d’autres mouvements ont appelé à un rassemblement le même jour à 14 heures à l’angle de rue Victor Hugo et de la place Bellecour pour faire barrage à cette manifestation. Compte tenu du risque grave d’affrontements sur la voie publique, le préfet a également interdit cette contre-manifestation », précisent les services de l’Etat.

Mobilisation contre cette « marche raciste »

Les membres du Bastion social, un nouveau mouvement créé à Lyon par le Gud Lyon, association étudiante d’extrême droite radicale, appelaient à manifester samedi au départ de la place Carnot sur le thème L’Europe s’insurge contre la fatalité. Un appel à la mobilisation destiné à défendre notamment « l’identité et la justice sociale », selon les organisateurs du défilé, qui ont créé ce nouveau mouvement récemment après avoir réquisitionné en juin à Lyon des bâtiments pour « offrir un logement aux Français précarisés ».

Face à ces militants, qui n’ont pas hésité à manifester récemment devant un hôtel de Dardilly pour protester contre l’hébergement de « clandestins » et défendre la mise à l’abri des « Français », des associations antifascistes lyonnaises avaient appelé à contre-manifester ce samedi rue Victor Hugo. Soit à deux pas du lieu de rendez-vous fixé par les groupuscules d’extrême droite.

Un précédent appel à manifester déjà interdit en juillet

« Ne laissons pas les fascistes parader dans nos rues ! Mobilisons-nous pour que cette marche raciste ne puisse pas avoir lieu ! », indiquaient dans leur appel à la mobilisation les mouvements d’extrême gauche, qui ont interpellé les autorités lyonnaises cette semaine pour empêcher le rassemblement de Bastion social.

Le 17 juillet, lors d’un précédent appel à manifester, le Gud Lyon avait été interdit de défiler par la préfecture pour les mêmes motifs. Le groupuscule avait toutefois décidé de passer outre et avait maintenu son appel au rassemblement sur les réseaux sociaux. Une centaine de personnes s’étaient réunies le jour dit et avaient tenté de réquisitionner les bâtiments squattés quelques semaines plus tôt. Mais la police était intervenue et avait rapidement dispersé la foule.