Dans le Vieux-Lyon.
Dans le Vieux-Lyon. — Caroline Girardon / 20 Minutes

SECURITE

Vieux-Lyon: Quelles mesures après le saccage de l’horloger de Saint-Paul imputé à l’extrême droite radicale ?

La mairie de Lyon paraît déterminée à agir après le saccage de l’horloger de Saint-Paul, imputé à des groupuscules d’extrême droite…

  • Cette attaque a semble-t-il créé une prise de conscience des autorités face à la montée en puissance des groupuscules d’extrême droite dans ce quartier.
  • La mairie a décidé de renforcer les patrouilles de police dans le Vieux-Lyon après cet acte de vandalisme.
  • L’horloger appelle chacun à s’impliquer contre cette violence.

C’est visiblement l’attaque de trop dans un quartier où la violence et les appels à la haine tranchent avec la beauté et l’histoire des lieux. Suite au saccage de la vitrine del’Horloger de Saint-Paul, l’un des symboles du Vieux-Lyon, les autorités lyonnaises sont semble-t-il en train de mesurer les conséquences de la forte implantation de groupuscules de l’extrême droite radicale dans ce quartier classé à l’Unesco.

Le 22 septembre dans la nuit, plusieurs projectiles ont été lancés dans la vitrine de l’horloger, qui dit avoir été intimidé à plusieurs reprises par des militants d’extrême droite pour son engagement en faveur de la diversité du Vieux-Lyon et ses déclarations sur ce sujet dans les médias lyonnais.

>> A lire aussi : Lyon: L'horloger de Saint-Paul saccagé par des militants d'extrême-droite

La prise de conscience des autorités semble assez tardive, les commerçants et habitants du Vieux-Lyon étant habitués depuis plusieurs années à subir des actes de vandalisme, pressions et intimidations imputés à ces militants.

« Ces groupuscules ont franchi un cap »

« On sent qu’il y a une réaction différente de celle qu’on a connue jusqu’à présent de la part de la mairie de Lyon. C’est peut-être dû à la personnalité du nouveau maire, Georges Képénékian, ou au fait que cette fois-ci, ces groupuscules ont franchi un cap en s’attaquant à cet horloger d’art, véritable symbole du quartier », confie Bruno Guichard, un ami de l’horloger Philippe Carry et l’ancien directeur de la Maison des passages. Un lieu également visé par le passé par des actes de vandalisme.

En réaction à ces exactions, Philippe Carry a lancé un appel ce vendredi pour que « tous les acteurs du Vieux-Lyon, s’impliquent collectivement, avec la ville, afin de ne pas laisser la violence atteindre notre humanisme, notre volonté de vivre, de faire, de travailler ensemble ». « Le Vieux-Lyon n’a pas à être un territoire dédié à l’extrême droite », a ajouté l’artisan, qui a porté plainte suite à l’attaque de la semaine passée.

« Nous ne pouvons accepter ces exactions »

La mairie de Lyon a de son côté décidé cette semaine de renforcer les patrouilles de la police municipale dans le Vieux Lyon. « Je redis notre volonté de condamner ces attaques qui visent à terroriser les acteurs de notre cité (…) Pas plus dans le Vieux-Lyon que dans le reste de la ville, nous ne pouvons accepter ces exactions et devons proposer un traitement à caractère préventif », a déclaré le maire Georges Képénékian lors du conseil municipal lundi dernier.

« Renforcer les patrouilles c’est bien. Mais il faut qu’il y ait enfin une vraie volonté politique et culturelle de la ville de Lyon afin de montrer que le Vieux-Lyon n’appartient pas à l’extrême droite », estime Bruno Guichard. « Dans le Vieux-Lyon, les gens ont peur. Et jusqu’à présent, tous les actes de vandalisme perpétrés par ces individus se sont soldés par des non-lieux devant la justice ».

>> A lire aussi : Lyon: L'extrême droite soupçonnée de violences dans un local d'En Marche !

« Le Vieux-Lyon n’est pas un ghetto de néofascistes »

Ancien maire du 5e arrondissement de Lyon et député LREM de la 1ere circonscription du Rhône, Thomas Rudigoz connaît bien cette problématique. « C’est un problème inquiétant qui existe depuis quelques années et qui s’est amplifié. Mais il ne faut pas oublier que ces militants aux idées nauséabondes viennent de l’extérieur du Vieux-Lyon. Ce quartier n’est pas un ghetto de néofascistes, mais un lieu aux associations colorées et très engagées dans des valeurs humanistes aux antipodes de celles véhiculées par ces groupuscules », estime le député, assurant de son « engagement politique sans équivoque » sur ce dossier.

Récemment, la mairie du 5e est intervenue auprès d’un bailleur privé qui s’apprêtait à louer un local du Vieux-Lyon à l’un des mouvements de l’extrême droite radicale. Après avoir été « sensibilisé » par la collectivité, ce dernier a annulé la location prévue. « Nous réfléchissons aussi à un grand événement culturel et festif, peut-être une exposition à Gadagne, pour rappeler ce qu’est le Vieux-Lyon et qui sont ses habitants et lutter contre ces idéologies dangereuses, ajoute Thomas Rudigoz. Philippe Carry travaille, lui, avec l’association Empreintes à la réalisation d’un film clip qui mettrait en scène les visages des habitants de Saint-Jean, Saint-Paul et Saint-Georges.

Contactés par 20 Minutes, les mouvements d’extrême droite qui ont ouvert des locaux associations, commerces et bars dans le 5e arrondissement (GUD, identitaires, PNF…) ces dernières années, n’ont pour l’heure pas pu être joints.