Lyon: Comment certains commerçants viennent en aide aux SDF

SOCIETE L’association le Carillon met en relation les sans-abri et les commerçants désireux de leur rendre quelques menus services…

Caroline Girardon

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Des SDF dehors dans une rue du centre ville de Lyon, le 2 février 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Des SDF dehors dans une rue du centre ville de Lyon, le 2 février 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES
  • L'association le Carillon met en lien les sans-abris et les commerçants désireux de leur rendre quelques menus services.
  • Il s'agit de leur offrir un verre ou leur permettre d'utiliser leurs toilettes.

Un simple macaron accolé à la vitre de l’établissement. Sur le sticker : des cloches, symbole de l’association Le Carillon et à côté des dessins, comme un verre d’eau, des toilettes ou un café. Le Carillon est un réseau de commerçants qui s’est engagé à apporter de l’aide et rendre de menus services aux personnes sans-abri, qu’elles soient de passage ou établies dans leur quartier.

Après Paris et Lille, l’association a démarré ses activités il y a quelques semaines à Lyon. Une dizaine d’épiceries ou restaurants, ayant déjà « tous une fibre solidaire », situés principalement en presqu’île ou dans le 7ème arrondissement, jouent désormais le jeu.

Estime de soi

« Après le logement et la restauration, la troisième préoccupation des SDF ou des personnes en très grande précarité est l’estime de soi, qu’ils perdent au fur et à mesure des années », analyse Guillaume Masson, le coordinateur du réseau sur Lyon. « Il s’agit par ces actions de leur redonner confiance et de leur permettre également de pouvoir se réinsérer dans la société », ajoute le jeune homme.

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Les services rendus vont du verre d’eau offert à la permission d’utiliser les toilettes, en passant par la possibilité de recharger son téléphone portable, lire le journal ou de récupérer les invendus de la journée. Des petites choses simples, en somme. « Cela ne va pas révolutionner leur quotidien mais cela permet de créer du lien, d’avoir un échange, une discussion », précise Guillaume Masson.

« La plupart des ces personnes ne sont pas forcément bien accueillies dans les grands magasins ou enseignes de renom. On les regarde souvent de travers, on ne cherche pas à répondre quand on ne comprend pas ce qu’ils disent », constate Pierre Christen, le gérant de la Fourmi, épicerie alternative qui propose des produits de marque à des prix moins chers. « Or le simple fait de leur souhaiter bonne journée avec le sourire, peut rendre leur journée bien plus agréable ».

D’autres partenaires

L’homme a accepté sans problème de faire partie du réseau car il recevait déjà les SDF dans son établissement. « Chez nous, tout le monde est le bienvenu ». Depuis l’ouverture au printemps 2015, les mères de famille côtoient les sans-abri dans les rayons de sa boutique. Et surtout le patron insiste : « On dit bonjour, merci et au revoir. Les SDF le savent très bien. On prend aussi leurs petites pièces rouges sans rouspéter. On fait simplement attention à l’autre, de manière naturelle ».

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Pour gagner en lisibilité, l’association mise sur ses bénévoles et son réseau. « Pour que les SDF aillent chez nos commerçants, cela suppose qu’ils aient entendu parler du Carillon. Ce qui n’est pas toujours le cas », observe Guillaume Masson. Des bénévoles sillonnent donc les rues de la ville pour aller informer les personnes sans-abri et leur remettre des petites listes contenant les renseignements pratiques concernant les établissements. L’association s’appuie également sur d’autres partenaires comme le Samu Social ou Alynea, qui gèrent les maraudes et sont en contact quotidien avec ceux qui dorment dehors.