Lyon: Des robots qui portent des charges lourdes à votre place

INNOVATION La start-up lyonnaise TwinswHeel a développé des droïdes capables de porter des charges lourdes. Il est prévu qu’ils livrent également les colis à l’avenir…

Caroline Girardon

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Le droïde inventé par la start-up TwinswHeel est capable de porter des charges lourdes dans les usines et devrait livrer des colis à domicile en 2020.
Le droïde inventé par la start-up TwinswHeel est capable de porter des charges lourdes dans les usines et devrait livrer des colis à domicile en 2020. — TwinswHeel
  • La start-up lyonnaise TwinswHeel a développé un droïde, déjà utilisé par la SNCF et Renault, capable de porter des charges lourdes dans les ateliers.
  • Ce robot est destiné à livrer à terme les colis et porter les commissions des clients des centres commerciaux.

Qui aurait imaginé il y a encore trente ans qu’un robot puisse porter des choses lourdes pour vous ? Aujourd’hui, la fiction est devenue réalité. La start-up lyonnaise TwinswHeel, fondée en 2014 par des jumeaux Benjamin et Vincent Talon, a mis au point un droïde, un véhicule capable de suivre les humains à la trace, tel un chien de compagnie, afin de les aider.

Pour l’instant, les engins sont utilisés en « sites fermés » comme des usines ou des ensembles de bureaux. Renault à Paris, Nissan en Californie, Siemens à Lyon ont déjà recours au robot. Le technicentre SNCF d’Oullins sera doté du sien d’ici à la fin de l’année.

« Ces droïdes ont été conçus pour porter des charges lourdes, allant de 40 à 120 kilos selon les modèles. Il ne s’agit en aucun cas de remplacer un salarié mais de le soulager, comme porter sa caisse à outils d’une pièce à l’autre. Cela peut également éviter les accidents », assure Vincent. Le robot obéit à des commandes simples telles « suis-moi », « porte cette charge » ou « précède-moi » et fonctionne également en « mode collaboratif ».

Un robot à la place du caddie

« On peut lui déléguer certaines tâches comme aller au magasin de l’usine afin d’y récupérer des pièces et les ramener », complète le jeune homme qui annonce que cinq versions du droïde, proposant des usages qui sortent du cadre industriel, seront mises progressivement sur le marché d’ici 2020.

La start-up compte désormais partir à la conquête des « sites semi-ouverts » comme les centres commerciaux. « L’idée est que le robot remplace les caddies et puisse transporter des emplettes d’une boutique à l’autre ou qu’il puisse se mettre dans la file d’attente et payer à votre place pendant que vous prenez un café », ajoute Vincent. Qu’il puisse aussi vous suivre jusque chez vous afin de porter vos commissions avant de rentrer au centre commercial, servir d’autres clients.

Robotique collaborative

Seul problème actuellement : les véhicules autonomes (dont les robots) ne sont pas autorisés à rouler sur la voie publique en France. Mais le jeune homme espère bien que cela changera dans les trois années à venir.

La start-up, qui entend également séduire les hôpitaux, est en passe de finaliser un contrat au Portugal. Là encore « pas question de remplacer le personnel soignant », il s’agira juste d’apporter plus de confort. « On peut très bien imaginer un droïde précédant un brancardier pour lui ouvrir les portes tandis que lui restera à parler avec le patient. Le robot peut également être utilisé pour porter des tubes de prélèvements ou aller chercher une radio ».

Mais l'« ultime étape », programmée pour 2019-2020 sera la livraison de colis chez des particuliers. « Ce qui permettra aux facteurs de se consacrer aux nouvelles tâches d’aide à la personne », selon le jumeau. Il ne serait donc pas totalement utopique qu’un droïde, doté de GPS et de capteurs, sonne un jour à votre porte.