«Il n’a pas volé sa place sur le banc de l’OL»… Bruno Genesio reste apprécié par ses anciens clubs

FOOTBALL Actuellement dans le dur avant un tournant en Ligue Europa ce jeudi (21h05) contre l’Atalanta Bergame, l’entraîneur lyonnais est jugé par ses anciens joueurs du monde amateur, à Villefranche-sur-Saône et à Besançon…

Jérémy Laugier

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Bruno Genesio, ici lors du très décevant nul (1-1) ramené de Nicosie il y a deux semaines face à l'Apollon Limassol SAKIS SAVVIDES
Bruno Genesio, ici lors du très décevant nul (1-1) ramené de Nicosie il y a deux semaines face à l'Apollon Limassol SAKIS SAVVIDES — AFP
  • Plus de quinze ans avant d’accéder au banc de l’OL, Bruno Genesio avait découvert le costume d’entraîneur principal à Villefranche-sur-Saône (CFA) puis à Besançon (National).
  • « 20 Minutes » a retrouvé plusieurs témoins de ces débuts très mitigés au niveau des résultats, mais appréciés « humainement ».
  • Certaines situations de l’époque présentent des similitudes avec les difficultés actuelles de l’entraîneur lyonnais, qui affronte l’Atalanta Bergame ce jeudi (21h05) en Ligue Europa.

« Si vous comptez sur moi pour dire du mal de Bruno Genesio, vous êtes mal tombé. » Ancien défenseur de Villefranche-sur-Saône (Rhône), Jean-Michel Picollet résume dès les premières secondes de notre appel ce qui semble être une évidence : la plupart des joueurs l’ayant côtoyé gardent un bon souvenir de l’actuel entraîneur de l’OL, surtout « humainement ».

Car avant d’intégrer le staff de l’OL en 2005 en tant qu’observateur des clubs adverses (puis coach de la réserve et adjoint de Garde et de Fournier), Bruno Genesio a été à deux reprises entraîneur numéro un. Que ce soit à Villefranche (de 1999 à 2001), où il a participé à une relégation de CFA à CFA 2 avant d’être limogé en cours de saison, ou à Besançon (National en 2004-2005) où il a été écarté en décembre avec une équipe filant vers le CFA, les résultats ne parlent pas vraiment pour lui. Mais ses méthodes étaient-elles alors bien différentes ?

« On prenait notre pied à l’entraînement »

« On ne pensait pas qu’il allait gravir les échelons au point de diriger un jour un top club de Ligue 1, reconnaît Christophe Bouteiller, ancien milieu de terrain au FCVB. Quand on voit sa capacité d’analyse aujourd’hui, on comprend qu’il a largement évolué. » Ne cherchez pas une pointe d’ironie ici, pas plus que dans le témoignage de son ex-coéquipier dans le Beaujolais Jean-Michel Picollet.

« On prenait notre pied à l’entraînement car il apportait à notre groupe de CFA sa rigueur et son exigence d’ancien professionnel, confie l’actuel coach de Limonest (National 3). J’ai connu quelques pipes comme entraîneurs dans ma carrière mais il n’en fait pas du tout partie. Il n’a pas volé sa place sur le banc de l’OL. »

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« Il était un peu le père de tous les joueurs en tant qu’adjoint »

Celle-ci semble fragilisée par un début de saison délicat, juste avant un rendez-vous déjà primordial en Ligue Europa, ce jeudi (21h05) face à l’Atalanta Bergame. Au Racing Besançon, l’ancien défenseur central Arnaud Maire se souvient « d’une saison tronquée après le limogeage de Stéphane Paille dès la reprise ». Son adjoint Bruno Genesio a pris les rênes de l’équipe « presque malgré lui ».

« Bruno était un peu le père de tous les joueurs durant les deux saisons précédentes en tant qu’adjoint », explique François Bruard, alors responsable du centre de formation bisontin. « Il a fait comme il a pu mais ce n’était évidemment pas facile de passer d’un rôle d’adjoint très proche de nous tous à celui de coach numéro un d’un effectif très jeune », confirme Arnaud Maire.

« J’ai connu des entraîneurs avec plus d’aura et plus fins tactiquement »

Cela ne vous rappellerait pas une situation plus récente ? « Quand je l’ai vu faire des choix forts en imposant Ghezzal et en mettant de côté Valbuena pendant un moment, je me suis dit qu’il avait changé et que cette fois, il négociait bien son passage de numéro deux à numéro un », estime le défenseur désormais retiré des terrains. Son ancien partenaire dans le Doubs Mathieu Gegout pointe tout de même « quelqu’un qui n’était peut-être pas encore prêt pour s’occuper d’une équipe seniors en National ».

« J’ai connu des entraîneurs comme Francis Gillot et Richard Déziré qui étaient davantage meneurs d’hommes que lui, avec plus d’aura et plus fins tactiquement », poursuit l’attaquant, âgé de 23 ans à l’époque. Concernant sa patte tactique, les suiveurs de l’OL ne seront pas forcément surpris de découvrir que Bruno Genesio avait jonglé en quatre mois à Besançon entre plusieurs systèmes, « du 3-5-2 de Stéphane Paille au 4-4-2 et au 4-3-3 ».

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« Obligé d’arborer un masque devant la presse »

Un autre petit bémol pointé par Arnaud Maire semble toujours d’actualité, 13 années plus tard : « Il considérait plusieurs jeunes joueurs dont moi comme des cadres mais nous n’avions pas encore l’étoffe pour l’être ». Dans ce sens, la manière avec laquelle le si perfectible Maxwel Cornet (21 ans) est depuis janvier 2016 l’un des joueurs les plus utilisés par l’entraîneur lyonnais reste un profond mystère au vu de ses (contre-) performances.

Finalement, ses anciens compagnons de route dans le monde amateur ou semi-professionnel reconnaissent-ils encore leur « attachant passionné de foot » malgré le Genesio-bashing d’une partie des supporters lyonnais ? Lors de retrouvailles avec son ex-coach aux obsèques de Stéphane Paille le 3 juillet, Arnaud Maire a découvert une partie de la réponse : « Je souhaitais savoir s’il prenait réellement du plaisir malgré cet environnement difficile à l’OL. Il m’a assuré que oui, même s’il se sentait souvent obligé d’arborer un masque, notamment devant la presse. »