Lyon: L'ancien chef de la police accusé d'avoir sous-facturé des prestations de sécurité à l'OL

JUSTICE Le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis pour dénonciation calomnieuse…

C.G. avec AFP
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L'ancien directeur de la Sûreté du Rhône, Albert Doutre, est accusé par l'un de ses ex-collaborateurs d'avoir minimisé le coût des factures envoyées à l'OL pour le service de sécurité des soirs de match. AFP PHOTO / Jeff PACHOUD
L'ancien directeur de la Sûreté du Rhône, Albert Doutre, est accusé par l'un de ses ex-collaborateurs d'avoir minimisé le coût des factures envoyées à l'OL pour le service de sécurité des soirs de match. AFP PHOTO / Jeff PACHOUD — AFP
  • Albert Doutre, ancien directeur de la Sûreté du Rhône est accusé par l’un de ses collaborateurs d’avoir minimisé les factures envoyées à l’OL concernant le service de sécurité lors des matchs à Gerland.
  • Plusieurs fonctionnaires, appelés à témoigner, ont confirmé que certaines prestations n’étaient pas prises en compte.
  • Le parquet a néanmoins requis 18 mois de prison avec sursis à l’encontre du collaborateur pour dénonciation calomnieuse.

 aurait-il profité des largesses du chef de la police de Lyon ? Le tribunal correctionnel devra trancher sur cette question. Deux hauts fonctionnaires se sont affrontés mardi à la barre.

Le premier, Michel Garnier, commissaire divisionnaire, est poursuivi pour dénonciation calomnieuse. Il accuse son patron d’avoir accordé quelques avantages financiers au club de Jean-Michel Aulas. Selon ses dires, Albert Doutre, ancien directeur de  aurait minimisé des factures concernant le service d’ordre déployé lors des matchs de l’OL au stade de Gerland. En contrepartie, il aurait reçu des cadeaux, comme des bouteilles de vin.

L’utilisation d’un hélicoptère non facturée 

Des notes internes ont confirmé que le coût moyen d’un match était passé de 17.804 euros en 2009 à 14.368 euros en 2012, soit une baisse de 20 %. Pour une rencontre de coupe d’Europe entre Lyon et l’ en novembre 2011, la police avait facturé 45.797 euros au club lyonnais alors que le coût réel était de 66.932,27 euros.

Trois autres policiers, dont l’actuel chef de la brigade anticriminalité de Lyon Valéry Pastor, ont confirmé que des prestations, comme l’emploi d’une unité de CRS, la pose de barrières ou encore l’utilisation d’un hélicoptère, n’étaient pas prises en compte.

« Etre économe »

Mais Albert Doutre s’est farouchement défendu, assumant la baisse du coût observé en trois ans. Il a évoqué une convention signée entre la préfecture et l’OL prévoyait la mise à disposition par le club de stadiers, dont le nombre et les horaires pouvaient augmenter à la demande des services d’ordre pour libérer des effectifs. « Cette convention a permis de réguler les rapports avec l’OL et d’être économe en termes de services de police », s’est-il justifié.

A l’issue de l’audience, le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis à l’encontre de Michel Garnier et une mise à l’épreuve de trois ans comportant une obligation de soins, ainsi que 15.000 euros d’amende afin de « rembourser à l’État l’enquête déclenchée par son courrier ». Le principal intéressé avait envoyé un courrier au Procureur de la République afin de lui faire part de ses soupçons.

« Eviter les vagues »

Après enquête de l’IGPN, l’affaire avait été classée sans suite. Et Albert Doutre avait ensuite décidé de le poursuivre pour dénonciation calomnieuse.

« Il y a bien eu des bidouillages, au centre de son courrier au procureur, il y a l’OL », a plaidé en défense Frédéric Doyez, pour qui le parquet n’a pas voulu rechercher la vérité « pour éviter les vagues ». Le jugement est attendu le 21 novembre.