Chambrage, guéguerre Aulas-Desplat... Comment l'OL et Guingamp sont (presque) devenus rivaux

FOOTBALL Battu trois fois par les Bretons la saison passée, l’OL retrouve sa bête noire dimanche (17 heures) pour un match devenu quasi électrique au vu du contexte...

Jérémy Laugier

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Le 11 février dernier, le troisième succès de l'En Avant Guingamp contre l'OL en moins de quatre mois avait fortement agacé les Lyonnais.
Le 11 février dernier, le troisième succès de l'En Avant Guingamp contre l'OL en moins de quatre mois avait fortement agacé les Lyonnais. — FRED TANNEAU / AFP
  • Jean-Michel Aulas et Bertrand Desplat s’allument bien comme il faut depuis deux semaines via les médias et les réseaux sociaux.
  • Comme le calendrier est taquin, leurs clubs se retrouvent dimanche (17 heures) pour le retour de la Ligue 1.
  • La saison passée, l’En Avant Guingamp a joué de bien mauvais tours aux Lyonnais en les battant à trois reprises.

Si on avait dû citer, il y a un an, deux clubs de Ligue 1 n’ayant aucune raison d’entretenir une quelconque rivalité, l’OL et l’En Avant Guingamp auraient pu être placés en tête de liste. Oui, mais entre-temps, les Bretons ont infligé trois cuisantes défaites en quatre mois aux hommes de Bruno Genesio, qui les retrouvent dimanche (17 heures) à Décines. Le chambrage s’est immiscé dans les tribunes, avec la fameuse banderole « Penalty pour Lyon », en février au Roudourou et sur le Web entre les community managers des deux clubs.

« C’est le jeu des réseaux sociaux, qui font appel au second degré, confie Virginie Riou, CM de l’EAG. Mais nous n’avons rien préparé de spécial pour ce match, qu’on ne considère vraiment pas au même niveau qu’un derby. » La violente passe d’armes récente entre les présidents Aulas et Desplat, conclue mardi sur Twitter par JMA avec un « Pan sur le bec à Bertrand » déjà culte, laisse quand même poindre une certaine électricité.

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« Un petit goût de revanche »

« Sans parler de rivalité, il y aura un petit goût de revanche et l’envie de les remettre à leur place », reconnaît Olivier, abonné au virage sud du Parc OL. « On garde surtout en travers de la gorge cette élimination honteuse en Coupe de la Ligue, alors que la finale était programmée chez nous », poursuit Jean-Pierre, un habitué du virage nord.

« D’un côté, constater que l’entité lyonnaise s’attaque à la nôtre, même si c’est via des répliques de collégien sur Twitter, ça nous valorise, apprécie Nicolas (35 ans), fidèle supporter de l’En Avant. Si ça devient un match important à gagner pour l’OL, c’est qu’on a franchi un palier. » « Avant, affronter Lyon était un match comme un autre. Mais aujourd’hui, c’est comme un derby, pas de territoire, mais de réseaux sociaux », estime même Lucas, un autre fan guingampais.

Le bouc émissaire Claudio Beauvue a déclenché les tensions

Les temps ont donc bien changé puisque les trois précédentes confrontations à Lyon (de 2013 à mai 2016) avaient systématiquement débouché sur des succès faciles pour l’OL, à l’image du 5-1 de mars 2016. Pour les Roud Boys, supporters guingampais réunis sur le net, les différends avec les Lyonnais remontent un peu plus loin.

« Les premières tensions sont apparues après le transfert de Claudio Beauvue chez eux, se souvient Franck, l’un des fondateurs du site. On l’a vivement défendu car il a trop vite été considéré à Lyon comme le bouc émissaire idéal, juste après sa superbe saison avec nous. » Comme quoi l’échec de l’attaquant antillais à l’OL a eu des conséquences insoupçonnées entre les deux clubs. Et seulement l’un d’entre eux aura « le bec » bien ouvert dimanche soir.

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