VIDEO. Disparition de Maëlys: «Plus les heures passent, plus on a peur pour cette petite»

ENQUÊTE « 20 Minutes » s’est rendu ce mardi matin à Pont-de-Beauvoisin, où la petite fille de 9 ans a disparu…

Elisa Frisullo
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Pont-de-Beauvoisin, en Isère, le 29 août 2017. Maëlys, 9 ans, a été vue dimanche vers 3 h du matin dans cette salle des fêtes où elle assistait à un mariage avec ses parents.
Pont-de-Beauvoisin, en Isère, le 29 août 2017. Maëlys, 9 ans, a été vue dimanche vers 3 h du matin dans cette salle des fêtes où elle assistait à un mariage avec ses parents. — E. FRisullo / 20 Minutes
  • Maëlys, 9 ans, assistait à un mariage à Pont-de-Beauvoisin avec sa famille lorsqu’elle a disparu vers 3 h du matin, dans la nuit de samedi à dimanche.
  • Dans le village, les habitants et commerçants suivent l’évolution de l’affaire avec angoisse.

Attablée à la terrasse d’une brasserie de Pont-de-Beauvoisin (Isère), Gisèle lit avec attention les articles consacrés à la petite Maëlys. Deux jours après la disparition de cette fillette de 9 ans, qui a été vue pour la dernière fois vers 3 h du matin, dimanche, à la salle des fêtes de cette petite bourgade de 3 000 âmes, la sexagénaire suit l’évolution de l’affaire, la boule au ventre.

« Nous venons chaque année depuis quarante ans en vacances chez des amis dans ce village. C’est atroce cette histoire. Nous sommes parents et grands-parents, alors, forcément, cela nous choque beaucoup », explique la Lorraine. « C’est un village calme, où vivent beaucoup de personnes âgées. On n’a jamais entendu une affaire pareille ici. C’est bien la preuve que cela peut arriver partout », ajoute son époux, pour lequel la disparition de Maëlys fait ressurgir de douloureux souvenirs.

Les circonstances de la disparition intriguent

« On vit dans la région où s’est déroulée l’affaire Grégory. Nous avons été très marqués par cette histoire. Nous avons toujours été très vigilants avec nos enfants et petits-enfants, leur interdisant de monter dans la voiture de qui que ce soit », confie Norbert.

Dans le village, au-delà de l’inquiétude, la disparition de Maëlys intrigue. Beaucoup s’interrogent sur les circonstances dans lesquelles la petite fille, qui assistait à un mariage avec ses parents à la salle polyvalente de la commune, a pu se volatiliser à 3 h du matin. Depuis que le parquet a ouvert, lundi, une enquête pour enlèvement, chacun y va de son hypothèse.

 

Le 29 août 2017, à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Des appels à témoins pour retrouver Maelys, 9 ans, ont été placardés dans de nombreux commerces de la commune.
Le 29 août 2017, à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Des appels à témoins pour retrouver Maelys, 9 ans, ont été placardés dans de nombreux commerces de la commune. - E. Frisullo/ 20 Minutes

« J’ai des petites-filles, ça aurait pu être l’une d’elles »

« Mes clients ne parlent que de cela. Depuis dimanche matin, de ce que l’on sait, les gendarmes n’ont que peu de pistes. Il n’y a aucune trace de l’enfant au-delà du parking de la salle des fêtes. Je ne peux pas croire qu’elle aurait pu monter dans la voiture d’un inconnu sans que personne ne la voie. Dans les mariages, les gamins sont toujours entre eux, il y aurait forcément des témoins », estime Hervé, qui tient l’un des bureaux de tabac du village.

Pour lui, comme pour la majorité des habitants et commerçants rencontrés ce mardi matin à Pont-de-Beauvoisin, la thèse de l’accident est peu probable. « La salle polyvalente est entourée de bois et située non loin de la rivière. Mais, à cet âge-là, on a peur la nuit. On ne s’aventure pas dans la nature toute seule. Tout est possible, bien sûr, mais je pense que la petite a été isolée dans un coin et enlevée par quelqu’un en voiture », ajoute une grand-mère, attristée par cette affaire. « J’ai des petites-filles. Je me dis que cela aurait pu être l’une d’elles. »

Des appels à témoins placardés dans la ville

Dans l’un des cafés du village, où comme dans plusieurs autres commerces,l’appel à témoins pour retrouver Maëlys a été placardé sur la vitrine, le sujet occupe tous les esprits. « Les gens s’inquiètent et seront inquiets tant que l’on n’aura pas retrouvé la petite. Ils ont des enfants, des petits-enfants, ils se projettent », explique la patronne des lieux.

 

« Quand je vois le visage de la petite sur les affiches, cela me fait mal au cœur. Je pense à ses parents. Je vis depuis dix-huit ans dans ce village. Il y a des bagarres parfois, mais c’est un coin tranquille. C’est bien la preuve qu’on n'est à l’abri nulle part », confie Hasif, la cinquantaine. « J’espère qu’ils vont vite la retrouver, ajoute un autre client du café. Mais c’est vrai que plus les heures passent, plus on a peur pour elle. »