La profanation de la stèle d'Izieu: Un acte «indigne» qui ne restera «pas impuni», promet Macron

LYON Le ministre de l’Intérieur s’est indigné de « cet acte lâche et odieux »…

J.G., avec AFP

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Une cérémonie de commémoration au mémorial d'Izieu, le 6 avril 2010.
Une cérémonie de commémoration au mémorial d'Izieu, le 6 avril 2010. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

«Un acte indigne et lâche qui ne restera pas impuni». Emmanuel Macron a vivement réagi, ce mardi, à la profanation de la stèle érigée en mémoire des enfants d'Izieu à Lyon. 

« La stèle a été profanée, brisée et arrachée. Tout est enlevé », a indiqué lundi le président régional de l’association des Filles et fils de déportés juifs de France (FFDJF). Le monument entretient le souvenir des 44 enfants juifs et 7 adultes déportés après la rafle d’Izieu (Ain) en 1944.

« Nous sommes effondrés mais nous ne baissons pas les bras. On va la reconstruire », a souligné Jean Lévy, ajoutant que la FFDJF allait « porter plainte, avec la mairie de Lyon ». « C’est d’autant plus grave que nous venons de célébrer les 30 ans du procès de Klaus Barbie », le responsable de la rafle d’Izieu.

«Détermination» à trouver les auteurs

«Les auteurs de cette profanation d'une ampleur sans précédent seront recherchés et traduits en justice avec la dernière détermination», assure le président de la République, dans un communiqué.

Le ministre de l’Intérieur, chargé des relations avec les cultes, Gérard Collomb, s’est indigné en estimant que « cet acte lâche et odieux heurte la mémoire des victimes et constitue un affront aux valeurs de la République. »

L’ancien maire de Lyon a également souhaité dans le même texte que « tout soit mis en œuvre pour identifier les auteurs de cet acte afin qu’ils aient à en rendre compte. » Emmanuel Macron adresse, quant à lui, «sa sincère sollicitude» aux «familles des victimes» et aux «responsables du site d'Izieu».

Klaus Barbie a été condamné le 4 juillet 1987

Cette stèle qui porte les noms de toutes les victimes d’Izieu se trouve dans un jardin, dans le 7e arrondissement de Lyon, derrière le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD), musée qui traite de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale à Lyon, en France et dans le monde. 

La stèle « côtoie dans le jardin une sorte de totem où sont décrites, d’une part, la vie des enfants d’Izieu et, d’autre part, l’arrestation de Klaus Barbie ». Les scolaires qui visitent le CHRD viennent ensuite souvent se recueillir devant ces monuments, a-t-il ajouté.

Surnommé le « boucher de Lyon », Klaus Barbie, ex-chef local de la Gestapo, a été jugé en 1987 pour la rafle de ces enfants juifs et de leurs encadrants dans la « colonie » d’Izieu en avril 1944 et pour l’organisation d’un convoi de Lyon à Auschwitz le 11 août 1944.

Barbie comparaissait aussi pour la rafle de 86 juifs rue Sainte-Catherine, au siège lyonnais de l’Union générale des israélites de France (Ugif), en février 1943. Il a été condamné le 4 juillet 1987 à la réclusion criminelle à perpétuité et est mort en prison quatre ans plus tard. La Maison d’Izieu, dans cette commune de l’Ain, perpétue également la mémoire des enfants juifs exterminés par la barbarie nazie.