Grenoble: «Je n'ai jamais vu une ville de cette taille aussi pourrie et gangrenée par le trafic de drogue » avoue le procureur

FAITS-DIVERS Le trafic «n’épargne aucun quartier» et constitue la «réalité quotidienne» des habitants, a-t-il constaté...

20 Minutes avec AFP

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Jean-Yves Coquillat durant la conférence de presse suite au meutre de la jeune Agnès Martin retrouvée carbonisée dans un bois a quelques kilomètres de Le Chambon sur Lignon,au palais de justice de Clermont-Ferrand, le 19 novembre 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Jean-Yves Coquillat durant la conférence de presse suite au meutre de la jeune Agnès Martin retrouvée carbonisée dans un bois a quelques kilomètres de Le Chambon sur Lignon,au palais de justice de Clermont-Ferrand, le 19 novembre 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Grenoble et son agglomération sont « gangrenées par le trafic de drogue », avoue le procureur de la République de Grenoble dans une interview à l’AFP. Il confirme ainsi des propos tenus la veille au Dauphiné Libéré. Le trafic « n’épargne aucun quartier » et constitue la « réalité quotidienne » des habitants.

« Je n’ai jamais vu une ville de cette taille aussi pourrie et gangrenée par le trafic de drogue », a dit Jean-Yves Coquillat, qui a déjà été en poste à Lyon, Mâcon, Mulhouse, Besançon ou Clermont-Ferrand. Outre Grenoble, les principales villes théâtre de ces trafics sont les communes voisines d’Echirolles, Fontaine ou encore Saint-Martin-d’Hères, soit un ensemble de 250.000 habitants.

« Je ne connais pas de quartier épargné »

« C’est la triste réalité de cette ville et ce n’est pas une nouveauté. Le problème de drogue est une réalité quotidienne. Je ne connais pas de quartier épargné », a poursuivi le magistrat, parlant d’une « généralisation des points de vente, des bandes, des querelles de bandes et des règlements de comptes, pas toujours mortels ».

Si les habitants « attendent que l’on fasse quelque chose », les moyens policiers et judiciaires ne sont pas extensibles. Il faut donc « que des gens parlent et collaborent ». « On ne peut pas poursuivre sans preuve. nous n’avons pas de boule de cristal qui nous dit "Untel est trafiquant" », a poursuivi Jean-Yves Coquillat.

« Vider l’océan avec une cuillère »

Malgré les comparutions immédiates « toutes les semaines » pour les « dealers du jour » et les enquêtes au plus long cours pour démanteler les réseaux, « on déplace les problèmes et on fait tourner les protagonistes du marché », a estimé le magistrat, connu pour son franc-parler.

« On ne peut pas répondre à tout par la répression. Ce n’est pas adapté à un phénomène de cette ampleur. C’est vider l’océan avec une cuillère », a analysé le procureur, pour qui « la réponse à un tel phénomène ne peut pas être que policière ou judiciaire mais aussi politique et sociétale ».