Haute-Savoie : Elus et agriculteurs exaspérés par les installations illégales de gens du voyage

COLERE Ils dénoncent la recrudescence d'installations illégales de campements sur des terrains privés, alors que des aires d'accueil existent...

C.G. avec AFP

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Les élus et les agriculteurs de Haute-Savoie ont manifesté pour dénoncer la recrudescence des installations illégales de campements des gens du voyage. (illustration)
Les élus et les agriculteurs de Haute-Savoie ont manifesté pour dénoncer la recrudescence des installations illégales de campements des gens du voyage. (illustration) — Fabrice Elsner
  • Des élus et des agriculteurs de Haute-Savoie ont manifesté mardi soir pour dénoncer l’augmentation d’installations illégales de campements de gens du voyage
  • Ils dénoncent l’impuissance des pouvoirs publics

Plusieurs dizaines d’agriculteurs et d’élus de Haute-Savoie ont manifesté mardi soir pour dénoncer la recrudescence d’installations illégales de campements de gens du voyage sur des terrains communaux ou agricoles et l’impuissance des pouvoirs publics.

Les agriculteurs venus avec leurs tracteurs et des remorques de fumier, les élus avec leurs écharpes tricolores, ont dressé des barrages filtrants sur plusieurs routes fréquentées pour distribuer des tracts appelant la population à écrire au préfet.

« Les terrains anéantis »

« Quand ils s’installent, on perd des récoltes de fourrage dont on aura besoin pour l’hiver et quand ils partent, les terrains sont anéantis. On doit parfois resemer des prairies naturelles ! », déplore Loïc Detruche, président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Savoie, qui parle d’une situation « très tendue ».

« Le cirque, c’est tous les ans mais cette année, c’est monté en puissance », regrette cet éleveur de vaches laitières et producteur de céréales dans un village à la frontière suisse tout près de Genève.

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Selon les chiffres de la préfecture, 56 demandes d’expulsion ont été faites lors du premier trimestre 2017 contre 36 l’an passé. Un même groupe de familles concentre 40 % de ces mises en demeure.

Selon les JA, 20 nouvelles demandes auraient été adressées au préfet depuis début juillet. « Il faut qu’on ait les moyens légaux pour les expulser rapidement », insiste Loïc Detruche.

Des aires d’accueil inutiles

La situation exaspère d’autant plus les élus que des aires d’accueil ont été construites. « On a investi 9,5 millions d’euros depuis 10 ans et ça n’a pas été facile de convaincre les élus et les habitants », rappelle Astrid Baud-Roche, présidente du syndicat d’accueil des gens du voyage (Symagev), entité intercommunale pour les 62 communes du Chablais.

Alors les installations des caravanes sur les stades font grincer des dents, car elles abîment les pelouses et empêchent les jeunes d’y jouer.

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Le « danger » est qu’une situation « dégénère », s’inquiète-t-elle, citant en exemple un agriculteur « excédé » qui a déversé du lisier lundi sur des voitures. Des menaces ont été proférées en retour, et les gendarmes ont dû être déployés pour calmer les esprits.

Le sénateur de Haute-Savoie Loïc Hervé (UDI) a déposé mardi une proposition de loi « visant à renforcer et rendre plus effectives les sanctions en cas d’installations illégales en réunion sur un terrain public ou privé ». Car « la pression monte violemment », confie-t-il.

Cette nouvelle loi permettrait, entre autres, de punir d’une amende recouvrable immédiatement toute installation illicite, de graduer la sanction en cas de récidive, de pouvoir immobiliser les véhicules plutôt que de les saisir. Une réunion est prévue au ministère de l’Intérieur jeudi avec les parlementaires locaux.