Lyon: Les jeunes bacheliers laissés sur le carreau par Admission Post Bac

EDUCATION Ils sont encore des milliers à ne pas savoir où ils étudieront l’année prochaine, faute des places disponibles dans les universités…

Pierre Cloix

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Des étudiants dans un amphithéâtre bondé (illustration).
Des étudiants dans un amphithéâtre bondé (illustration). — B. Horvat / AFP
  • Cette année, ils sont 40.000 de plus en France à vouloir intégrer les fillières post-bac
  • Les étudiants sont obligés de faire le forcing auprès des universités pour obtenir des places
  • Certains se retrouvent avec rien. Ils seraient 3.000 à Lyon

Le problème est d’ampleur nationale.Admission Post-Bac, la plateforme qui est censée faciliter les inscriptions aux différentes filières universitaires, a réservé plusieurs mauvaises surprises aux nouveaux bacheliers voulant s’inscrire à la fac.

Sur les réseaux sociaux, les récits plus improbables les uns que les autres, s’enchaînent. Entre ceux qui avaient mis des vœux « pour rire » et qui se retrouvent acceptés à La Réunion et ceux qui n’ont rien du tout, l’amertume a vite pris le pas sur l’euphorie de la réussite au bac.

Elle demande Lyon, on lui offre Strasbourg

Malgré les plusieurs phases proposées par Admission Post Bac, certains se retrouvent toujours « en attente » alors que la session du 14 juillet était censée être définitive. C’est le cas de Léa, 19 ans, lycéenne en Haute-Loire, qui depuis cette dernière échéance, se retrouve à devoir contacter elle-même les filières qu’elle désire.

La ville la plus proche pour étudier le coréen, comme elle le souhaite, est Lyon. Cependant, le discours qu’on lui offre est toujours le même. « J’ai contacté de multiples fois les universités, le rectorat, les médiateurs, pour une seule et même réponse. "Ce n’est pas de notre recours, nous ne gérons pas APB malgré votre projet honorable" », explique la jeune fille à 20 Minutes. Plus absurde encore, elle a bien été acceptée via la procédure complémentaire, mais à Strasbourg alors que ce n’est pas son académie… Les universités de Lyon étant en vacances jusqu’au 21 août, Léa devra attendre pour les relancer.

Lyon 2 et Lyon 3 font la sourde oreille

Pour Majdi Chaarana, président de l’UNEF Lyon, le constat est encore plus cruel dans la capitale des Gaules, où 3.000 futurs étudiants se retrouveraient sans solution. « C’est simple, lorsqu’un bachelier contacte Lyon 2 pour un cursus et qu’il n’est pas de l’académie, il essuie un refus. Et c’est encore plus radical pour Lyon 3. Pour la moindre demande, l’université répond qu’elle n’a aucune solution ».

L’Union des Etudiants ne peut que constater le désarroi des lycéens. « Lorsqu’ils viennent nous voir, la plupart sont totalement perdus, ils ne savent pas quels sont les recours », explique Madji Chaarana. Pour lui, le problème est simplement mathématique. « Il y a 40.000 bacheliers de plus que l’année dernière en France et dans le même temps l’Etat coupe les aides aux universités qui doivent bricoler pour accueillir les étudiants. On se retrouve avec des sélections illégales, des tirages au sort, des étudiants replacés dans d’autres filières que celles qu’ils avaient demandées et des amphis surchargés… », argumente-t-il.

Face à une telle « galère » couplée à la récente baisse des aides aux logements, les étudiants ont le sentiment qu’ont les « laisses tomber » selon le président de l’UNEF à Lyon. Contactée par 20 Minutes, l’université de Lyon 3 a assuré « obéir aux règles du ministère » et ne pas être en mesure de donner davantage d’informations avant le 21 août, alors qu’il a été impossible de joindre Lyon 2.

Les bacheliers devraient être encore plus nombreux l’année prochaine.