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TRANSPORTSLGV Lyon-Turin: Le gouvernement fait «une pause» dans le projet

LGV Lyon-Turin: Le gouvernement annonce faire «une pause» dans le projet, que faut-il comprendre?

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La ministre des Transports, Elizabeth Borne, a confirmé qu’une pause était faite dans le projet de la réalisation de la ligne grande vitesse entre Lyon et Turin…
Une manifestation d'opposants au projet Lyon-Turin, le 11 juillet 2014 à Chambéry
Une manifestation d'opposants au projet Lyon-Turin, le 11 juillet 2014 à Chambéry - Philippe Desmazes AFP
Caroline Girardon

Caroline Girardon

L'essentiel

  • La ministre des Transports confirme qu’une pause est faite dans le dossier Lyon-Turin
  • Une annonce qui divise
  • Le maire de Chamonix rappelle qu’il y a urgence à chasser les poids lourds des Alpes

L’annonce en a surpris plus d’un. Interrogée par le site Reporterre dans une interview publiée ce mercredi, Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a confirmé que le gouvernement faisait bien « une pause » dans le dossier de la liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin.

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A l’heure actuelle, il ne s’agit pas d’abandonner le projet, juste de réfléchir sur la suite à donner… ou pas. « On réexamine les dépenses et les ressources pour ne plus faire de promesses pas financées », justifie la ministre, précisant que toutes les promesses de rénovation des infrastructures dans les projets déjà engagés, « dépassant de dix milliards les recettes prévisibles », devaient être analysées de nouveau.

La Cour des comptes a évalué à 26 milliards d’euros le coût total du percement du tunnel ferroviaire sous les Alpes, dont 8,5 milliards pour la seule construction du tunnel.

« Le gouvernement se rend compte du gouffre financier que représente le Lyon Turin. C’est une bonne chose », se félicite Jean-Charles Kohlaas, conseiller régional du Rassemblement Citoyen écologiste et citoyen.

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« Un projet bien trop avancé pour être abandonné »

« Si on veut augmenter le fret ferroviaire, réduire la pollution dans les Alpes et en particulier dans la vallée de l’Arve quia subi cet hiver de multiples pics de pollution et diminuer le nombre de camions sur les routes et les autoroutes il faut bien évidemment poursuivre ce projet », répond la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Il y a trois semaines, 400 entreprises ont été conviées à Lyon pour une journée d’information au sujet du lancement des appels d’offres concernant la construction du tunnel de 57 kilomètres qui devrait relier Saint-Jean-de-Maurienne à Suse. « Le projet est trop avancé pour être abandonné », plaide-t-on à la Région.

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Pourtant, selon Jean-Charles Kohlaas, il y a « urgence » à « étudier d’autres alternatives à la réalisation de la ligne LGV Lyon-Turin ». Le report modal doit être organisé dès maintenant en utilisant la ligne existante. « La ministre doit profiter de cette pause pour y réfléchir », enchaîne-t-il.

« Il est vrai qu’en France, il y a un problème dans le financement de régénération des infrastructures déjà existantes et de maintien du réseau ferroviaire. Cela n’a jamais été traité par les gouvernements précédents », reconnaît Eric Fournier, le maire de Chamonix. Et d’ajouter : « Je comprends que l’on s’interroge sur cette question mais il ne faut pas pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ».

« Ne pas se tromper de signal »

« Il ne faut pas se tromper de signal. Le fait de gagner 15 minutes entre certaines agglomérations n’est pas la priorité absolue. En revanche, faire transiter du fret en grande capacité l’est », poursuit l’élu, soucieux de voir la qualité de l’air, améliorée dans les vallées alpines. « Il ne faudra pas non plus que cette annonce soit en contradiction avec le plan de dépollution de la vallée de l’Arve et le plan climat présenté par Nicolas Hulot », ajoute Eric Fournier, qui doit rencontrer lundi les ministres des Transports et de la Transition écologique.

A terme, cinq millions de voyageurs sont attendus chaque année sur la ligne, qui devrait permettre de relier Lyon à Turin en moins de deux heures et Paris à Milan en quatre heures. Quarante millions de tonnes de marchandises doivent également être transportées, selon les partisans du projet. Ce qui devrait permettre de transférer l’équivalent d’un million de poids lourds de la route vers le rail.

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