Lyon: L’Académie de Billard, plus vieille salle de France, vit ses derniers jours

HISTOIRE Une fin au goût amer après 109 ans d’existence…

P.C avec AFP

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Billard (illustration).
Billard (illustration). — Georges Gobet

Un plafond haut de six mètres, des fresques du début du XXe siècle, une ambiance d’avant-guerre. L’Académie de Billard, fondée en 1908 dans le 1er arrondissement de Lyon, transpire les souvenirs d’une autre époque.

Ce lieu autrefois dédié à la « carambole » (autre nom du billard français), située au rez-de-chaussée de la salle Rameau, fermera définitivement ses portes ce vendredi.

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Plus assez d’adhérents 

La raison: un manque cruel d’adhérents. S’ils étaient près de 400 durant l’âge d’or de la discipline, ils ne sont aujourd’hui plus qu’une vingtaine. C’en était trop pour la mairie. « On ne veut plus que cette salle dépende de la Ville car on perd plus de 200.000 euros chaque année en charges d’exploitation », indique-t-on à l’Hôtel de Ville.

Bruno Girard, président de l’académie, a pourtant essayé de repousser au maximum l’échéance qu’on lui a imposée. Une pétition et quelque 2.700 signatures (plus 1 500 sur Internet) n’auront pas suffi. Un crève-cœur pour lui qui se souvient de l’Académie avec nostalgie. « Elle fut très vivante avec un bar, des fanfares qui y jouaient de temps en temps et, comme me l’ont raconté des anciens, des prostituées qui venaient se réchauffer l’hiver ou se rafraîchir l’été », raconte-t-il à l’AFP.

L’avenir de la salle reste flou

Le billard, apparu en France aux alentours de 1469, est aujourd’hui nettement moins populaire qu’il ne l’a été dans les années cinquante où l’on pouvait trouver des tables de jeux dans presque tous les bars. La FFB (Fédération Française de Billard) ne compte aujourd’hui plus que 15.500 licenciés et l’Académie de Billard de Lyon en fait les frais. Même avec une longue histoire ponctuée de plusieurs finales nationales et rencontres internationales.

L’avenir de la salle n’est pas encore tranché. la mairie de Lyon cherche un « repreneur privé, avec un projet culturel », pour louer l’endroit dans le cadre d’un bail emphytéotique. Une consultation devrait être lancée à la rentrée.