Loire: Un arrêté interdisant le voile près d'un plan d'eau retiré provisoirement

BURKINI Il ne s'agit que d'une mesure provisoire. Le maire de la commune veut faire passer un nouvel arrêté lors du prochain conseil municipal...

C.G. avec AFP

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Illustration d'une femme portant un " burkini ".
Illustration d'une femme portant un " burkini ". — HUSEYIN YESILKAVAK/A.A./SIPA
  • Le maire de Lorette, commune de la Loire, a retiré l'arrêté interdisant aux femmes voilées de fréquenter le nouveau plan d'eau
  • Il ne s'agit que d'une décision temporaire puisqu'il entend prendre un nouvel arrêté lors du prochain conseil municipal
  • La justice a été saisie de l'affaire

Le maire divers droite de Lorette (Loire), Gérard Tardy, dont un arrêté controversé interdisant le voile et le burkini autour d’un bassin de baignade communal a suscité la polémique, l’a retiré provisoirement dans l’attente de le représenter devant le conseil municipal, a indiqué dimanche ce dernier à l’AFP.

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Ce retrait est motivé par « l’observation faite par la préfecture [saisie dans le cadre de l’exercice du contrôle de la légalité de cet acte] que c’est au conseil municipal de l’approuver », a déclaré l’élu qui s’était passé jusque-là de le faire.

Un nouvel arrêté en préparation

Appliqué depuis l’ouverture le 24 juin dernier du nouveau bassin communal et symbolisé par un pictogramme représentant la tête d’une femme voilée, barrée d’un trait rouge, l’arrêté polémique proscrivait « (…) monokini, burkini, voile dissimulant partiellement ou totalement le visage, combinaison ».

Mais dimanche, Gérard Tardy a souligné qu’il n’avait « pas l’intention d’en modifier le contenu » pour produire le nouvel arrêté qu’il compte soumettre, selon une source proche du dossier, « le 12 juillet » lors d’un conseil municipal extraordinaire.

Le retrait de l’arrêté controversé devrait avoir pour effet de rendre sans objet le référé-liberté déposé par plusieurs associations que doit examiner ce lundi le tribunal administratif de Lyon. « Gérard Tardy n’assume pas ses actes. C’est une manière de se défiler devant la justice », a réagi Hamza Ould Mohamed, le représentant de la Maison des Potes 42, une des associations qui a saisi la justice administrative.

L’ouverture d’une enquête pour discrimination ?

De son côté, le préfet de la Loire, Evence Richard, a demandé à Gérard Tardy, vendredi dans une lettre, de « préciser les fondements juridiques de certaines interdictions » édictées dans son arrêté. Il saisira la justice administrative en fonction de la réponse du maire, attendue en milieu de semaine prochaine.

Le parquet stéphanois, saisi jeudi par la Fédération nationale Maison des Potes - Maison de l’Egalité, doit décider dans les prochains jours l’éventuelle ouverture d’une enquête pour discrimination.