Lyon: Le pancréas artificiel expérimenté sur des patients, un espoir pour les diabétiques

SANTE Six patients de l’hôpital Lyon Sud expérimentent ce nouveau dispositif…

Elisa Frisullo

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Lyon, le 26 juin 2017. Six patients de l'hôpital Lyon Sud testent depuis un mois le pancréas artificiel, une technologie destinée à améliorer le quotidien de diabétiques de type 1.
Lyon, le 26 juin 2017. Six patients de l'hôpital Lyon Sud testent depuis un mois le pancréas artificiel, une technologie destinée à améliorer le quotidien de diabétiques de type 1. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Le pancréas artificiel mesure le taux de sucre dans le sang puis calcule et dose l’insuline nécessaire au patient
  • L’expérimentation, menée à Lyon, doit permettre d’améliorer ce système intelligent avant la commercialisation

Du matériel léger et peu invasif qui pourrait bien révolutionner la vie des diabétiques de type 1. Depuis le 22 mai, six patients volontaires du service d’endocrinologie du centre hospitalier Lyon Sud expérimentent le pancréas artificiel, une technologie innovante destinée à améliorer leur quotidien, souvent compliqué.

« Le diabète par manque d’insuline entraîne une extrême variabilité des niveaux de sucre chez les patients, des enfants et jeunes adultes essentiellement, explique Charles Thivolet, chef du service d’endocrinologie à Lyon Sud. On doit injecter en permanence de l’insuline avec des injections ou des pompes ».

Un système intelligent associé à la télésurveillance

Ce pancréas artificiel, le Diabeloop, n’est pas un organe implanté dans le corps. Mais un système intelligent comprenant un capteur de glycémie fixé sur le patient, qui mesure en continu le taux de sucre dans le sang. Les informations transmises par ce boîtier sont transmises et analysées par un smartphone qui commande ensuite, « grâce à un algorithme spécifique », la pompe à insuline du diabétique.

Le patient n’a plus à calculer la dose d’insuline nécessaire ou à manipuler sa pompe au risque de se tromper et de tomber en hyper ou hypoglycémie (sueurs, malaise, tremblements…), dont la forme sévère peut conduire au coma ou au décès. Le système intelligent s’occupe de tout.

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« C’est une évolution énorme qui nous permet de vivre presque normalement », confie Philippe, un diabétique de 50 ans. Jusqu’alors, ses sorties devaient être anticipées et programmées par crainte d’être pris d’un malaise. « Je peux enfin faire des sorties seule avec mes trois enfants. On revit », confirme Aurélie, 37 ans.

« Avant, j’avais peur de ne pas me réveiller »

En cas de problème, les patients, suivis par télésurveillance, sont alertés. « Je dors, alors qu’avant, j’avais peur de faire une crise en pleine nuit et de ne pas me réveiller, ajoute Philippe. Certains peuvent appréhender de dépendre d’une pompe à insuline automatique mais la télésurveillance a un côté rassurant. On vous appelle, vous ou votre conjoint, en cas de souci. »

En phase de test pendant trois mois, ce matériel ultra-innovant doit toutefois encore faire l’objet de quelques améliorations. « Quand tout marche bien, c’est vraiment phénoménal. Mais le moindre grain de sable sur l’un des appareils plante tout le système », témoigne Aurélie.

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« C’est une première génération de système. Cette expérimentation doit permettre d’identifier les fragilités sur le matériel et de trouver les améliorations à apporter », précise le professeur Thivolet, visiblement ravi de participer à « cette avancée technologique considérable ».

« J’angoisse déjà à l’idée de l’enlever »

A la fin de l’année, une synthèse sera faite sur les expérimentations en cours dans huit centres français (dont Lyon) sur une soixantaine de patients. Pour commercialiser le Diabeloop, les fabricants devront d’abord obtenir le marquage CE. Un gage de conformité qu’ils espèrent avoir en 2018. Plusieurs étapes seront ensuite nécessaires pour que ce matériel, extrêmement coûteux, puisse être pris en charge par l’assurance maladie.

D’ici là, les patients en test devront abandonner le système pour revenir au matériel traditionnel. « J’angoisse déjà à l’idée de l’enlever », ajoute Aurélie, qui vit depuis l’enfance avec cette maladie chronique.