Législatives: Hidalgo et Taubira en mission pour sauver le soldat Belkacem

REPORTAGE La jeune femme, qui accusait dimanche 20 points de retard sur son adversaire LREM Bruno Bonnell, a invité mercredi le « duo de choc » à Villeurbanne pour faire campagne avec elle sur le terrain…

Caroline Girardon

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Villeurbanne, le 14 juin 2017. 
Najat Vallaud-Belkacem, candidate à Villeurbanne pour les législatives, a reçu le soutien et la visite d'Anne Hidalgo, la maire de Paris et Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux. C. Girardon/ 20 Minutes
Villeurbanne, le 14 juin 2017. Najat Vallaud-Belkacem, candidate à Villeurbanne pour les législatives, a reçu le soutien et la visite d'Anne Hidalgo, la maire de Paris et Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux. C. Girardon/ 20 Minutes —
  • Najat Vallaud-Belkacem qui se présente dans la 6e circonscription, est en ballottage défavorable.
  • La candidate socialiste a invité Christiane Taubira et Anne Hidalgo à faire campagne avec elle sur le terrain pour convaincre les 53 % d’abstentionnistes.

« La voix de ce qui détruit sonne encore dans l’arbre de pierre. Le pas risqué sur la porte peut encore vaincre la nuit. » Citant avec philosophie quelques vers du poète Yves Bonnefoy, Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux, croit encore en la victoire. La victoire de Najat Vallaud-Belkacem dimanche face à Bruno Bonnell à Villeurbanne.

Pourtant, la bataille des législatives est loin d’être gagnée. « NVB » le sait bien, elle qui accusait dimanche dernier, vingt points de retard sur son adversaire. Mais elle se dit convaincue de pouvoir l’emporter. Sûre de son pari, désireuse de convaincre les 53 % d’abstentionnistes du premier tour, la jeune femme avait invité Anne Hidalgo, la maire de Paris, et Christiane Taubira, à venir la soutenir publiquement mercredi matin.

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« Najat est la bonne personne, au bon endroit », lance la première. « C’est une très belle personne et une très belle candidature. Elle rassemble la gauche, ce n’est pas un luxe ni un exercice facile », martèle Christiane Taubira qui a presque volé la vedette à sa jeune collègue. Et d’ajouter : « Najat, c’est un caractère, c’est du tempérament, et il en faut pour résister aux agressions sexistes et vulgaires qu’elle a parfois subies. »

« Engagements sans ambiguïté »

Assis sur les marches du TNP, le duo de choc couvre d’éloges l’ancienne ministre de l’Education nationale, vantant « sa résistance » et « ses engagements sans ambiguïté ». « On s’apprête à remettre cinq ans de notre vie dans les mains de ceux qui font la loi », rappelle Anne Hidalgo avant de battre le pavé aux côtés de la candidate socialiste.

Alors que le cortège, suivi par une meute de journalistes, défile dans les rues à la rencontre des habitants, Sophie s’arrête prendre une photo. « C’est pour mon mari », glisse-t-elle en souriant. Cette jeune maman votera à gauche dimanche. « Il y a encore un peu d’espoir. Les électeurs vont peut-être se mobiliser davantage au second tour », souffle-t-elle. Rodrigues est nettement plus pessimiste : « Cela ne sert à rien de déambuler dans les rues. Bruno Bonnell est loin devant, et le PS est mort. Il faudra que toute la gauche la soutienne ». Une mission qui est loin d’être accomplie.

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Si les candidats du parti communiste et des Verts se sont ralliés derrière Najat Vallaud-Belkacem, Laurent Legendre, de La France Insoumise, qui a totalisé 15 % des suffrages, n’a donné aucune consigne de vote.

« C’est toujours agréable de pouvoir discuter de face. Ces gens, on les voit toujours à la télévision. On ne peut jamais parler avec eux. Quand ils sont au sommet, ils ne voient plus rien », affirme Josiane, contente d’avoir croisé la candidate. Les caméras de télévision, qui suivent l’ancienne ministre au pas, rendent pourtant les échanges peu spontanés.

Convaincre en deux minutes

« Ce n’est pas en discutant deux minutes sur un bout de trottoir que l’on peut être convaincue », lâche Nathalie. Mais l’enseignante a apprécié l’échange. « Je ne suis pas du tout d’accord avec ce qu’elle a fait au gouvernement, mais je distingue la politique locale et nationale. Elle m’a donné envie de l’écouter davantage et de lui donner éventuellement sa chance dimanche. »

Loin de « tout ce cirque », Nabil et Naget se montrent bien plus dubitatifs. « En tant que ministre de l’Education nationale, elle n’a rien fait. Là, que va-t-elle faire ? » s’interroge la jeune femme, employée de vie scolaire. Et d’ajouter, un brin amère : « Avant, quand je portais un courrier en mairie à son attention, elle était inaccessible. Là, elle vient serrer des mains car elle a besoin d’un poste. » « On la voit marcher dans le quartier, mais personne ne va vers elle. Elle ne passera pas », prédit son ami en guise de conclusion.