Législatives: Au QG de Najat Vallaud-Belkacem, les militants se disent «déçus» mais pas «abattus»

REACTIONS A Villeurbanne, l'ancienne ministre de l'Education nationale, qualifiée pour le second tour des élections législatives, est devancée de vingt points par le candidat de La République en marche...

Caroline Girardon

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Najat Vallaud-Belkacem a appelé les candidats des autres partis de gauche, à se rassembler derrière sa candidature à Villeurbanne.
JEFF PACHOUD/ AF
Najat Vallaud-Belkacem a appelé les candidats des autres partis de gauche, à se rassembler derrière sa candidature à Villeurbanne. JEFF PACHOUD/ AF — AFP
  • Najat Vallaud-Belkacem s’est qualifiée pour le second tour à Villeurbanne mais elle est devancée de vingt points par Bruno Bonnel (LREM)
  • Ses militants se disent « déçus » mais croient encore au miracle
  • La candidate a appelé les autres partis de gauche à se rassembler derrière elle

« Je vais arrêter de souligner son nom puisque Bonnell arrive en tête de tous les bureaux. » Une petite phrase qui en dit long. Dans les couloirs de la mairie de Villeurbanne, à l’heure de centraliser les résultats des bureaux de vote, l’identité du vainqueur du premier tour des élections législatives ne fait plus aucun doute.

Autre signe : la permanence de la socialiste Najat Vallaud-Belkacem, située à quelques mètres de la mairie centrale, est restée fermée jusqu’à 23 heures.

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« On ne voit pas comment on peut inverser la tendance », lâche Jean-Paul Bret, le maire PS de Villeurbanne, observant les résultats à la loupe. 36,69 % pour Bruno Bonnel (LREM) contre 16,54 % pour l’ancienne ministre de l’Education nationale. « La situation est très difficile. Pourtant on a mieux résisté ici qu’ailleurs ». Car Najat Vallaud-Belkacem est la seule élue socialiste du Rhône, à s’être qualifiée pour le second tour.

« Je pensais que ça serait plus serré »

Dehors, les militants restent partagés entre déception et résignation. Guère nombreux à venir l’applaudir, ils se veulent néanmoins combatifs. « Ceux qui ont fait un peu d’arithmétique à l’école, comprendront aisément que le deuxième tour sera compliqué », lance Joël.

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« En politique, ce n’est jamais gagné d’avance », affirme Jules-Serge, avouant être toutefois surpris par l’écart entre les deux candidats. « Je pensais que ça serait plus serré. J’imaginais plutôt qu’ils seraient au coude à coude car ça fait trois ans que Najat fait campagne avec nous sur le terrain ».

« J’ai déprimé quand j’ai vu les scores nationaux du PS »

« Elle limite la casse, concède Valérie. Avant de venir ici, j’étais chez moi. J’ai déprimé quand j’ai vu les scores nationaux du PS. Au moins, on peut se consoler en se disant qu’elle est second tour ».

« Ce qui s’est passé ce soir était un peu attendu. La volonté du renouveau s’est exprimée », analyse Alain, un militant. Et de poursuivre : « Il y a eu beaucoup de désaccords au sein du PS lors de la seconde partie du quinquennat. L’électorat de gauche a été perdu, la parole socialiste a été décrédibilisée. Forcément, on le paie ce soir ».

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« Il ne faut pas désespérer. Il reste désormais à convaincre les gens sur le terrain », enchaîne Julien, optimiste. Convaincre aussi les autres partis de gauche. « On ne pourra pas gagner si les Verts, la France Insoumise et le PC ne soutiennent pas Najat Belkacem », poursuit Valérie, qui espère un rassemblement en vue du second tour. Comme Jean-Paul Bret. « Cela ne suffira peut-être pas mais nous allons mener le combat jusqu’au bout », annonce l’élu.

Rassembler à gauche

« Je n’étais pas pour elle au départ mais j’ai fini par changer d’avis », confesse Thierry qui avoue avoir été séduit par la personnalité de la jeune femme. « On a besoin de gens comme elle. Elle sait être à l’écoute et a envie de renouveler la politique ».

De son côté, Najat Vallaud-Belkacem a bien compris qu’elle ne pourra l’emporter sans le report de voix des autres candidats de gauche. A commencer par Laurent Legendre (France Insoumise) qui la talonne (14,71 %). « On a besoin de contre-pouvoir à l’Assemblée nationale. Si les électeurs veulent avoir des voix qui les défendent, il faut se mobiliser dans toutes les circonscriptions où c’est encore possible », argumente l’ancienne ministre, appelant clairement les électeurs de gauche et les abstentionnistes « à faire bloc autour de (sa) candidature ».