Législatives: Ils ont moins de vingt ans et se présentent (sans trop d'illusions) au poste de député

POLITIQUE Sur les 216 candidats aux législatives dans le Rhône, cinq sont âgés de 18 et 19 ans…

Caroline Girardon

— 

Souffrant d'un manque de notoriété et d'argent, Yusuf Dagli, 19 ans,  qui se présente dans la 11e circonscription du Rhône, a collé lui-même ses affiches
Souffrant d'un manque de notoriété et d'argent, Yusuf Dagli, 19 ans, qui se présente dans la 11e circonscription du Rhône, a collé lui-même ses affiches — Photo Facebook
  • Sur les 216 candidats aux législatives dans le Rhône, cinq sont âgés de 18 et 19 ans.
  • Souffrant d’un manque de notoriété et n’ayant presque aucun budget, ils se sont débrouillés pour faire campagne.

Ils s’appellent Robin, Quentin, Yusuf, Dauphine ou Athénaïs. Leur particularité : avoir moins de 20 ans et se présenter pour la première fois aux élections législatives dans le Rhône. Ils sont fils d’instituteur, d’immigré turc ou fille de catholiques pratiquants et défendent des idées politiques très différentes. Mais tous savent qu’ils n’ont guère de chance de décrocher un poste de député, à commencer par Robin Jamon, le benjamin âgé de 18 ans et deux mois.

« Je ne sais même pas si j’obtiendrai une voix », sourit le lycéen qui s’apprête à passer un baccalauréat ES. Scolarisé au lycée Ella-Fitzgerald à Vienne, dans l’Isère, le garçon entend « montrer que les jeunes sont capables de se présenter aux élections et que le système n’est pas réservé à ceux qui ont de l’expérience ».

>> A lire aussi : VIDEO. Législatives. «J’ai demandé à mon père de m’aider», raconte la plus jeune candidate

L’idée de s’inscrire dans la deuxième circonscription du Rhône, loin de son domicile, n’a pas été spontanée. Elle est le fruit d’un travail mené en cours d’arts plastiques. « Notre enseignant nous a demandé de réaliser un projet autour de l’un de sept péchés capitaux. J’ai opté pour l’envie : l’envie d’accéder au pouvoir et d’avoir le contrôle », argumente le jeune homme qui a développé un site Internet autour de sa candidature, où il reprend des « idées mélenchonistes et du PS ».

Pas d’argent, pas de campagne

Et ça s’est arrêté là. Pas d’affiches, pas de tracts. « On avait préparé des exemplaires sur logiciel mais, finalement, on ne les a jamais imprimés. Ce n’était pas envisageable financièrement de mener une campagne », reconnaît le garçon. Mais cette expérience est loin d’être inutile selon lui. « Cela m’a permis de découvrir comment ça se passe. Ce qui me donne envie de me représenter plus sérieusement dans cinq ans. »

L’idée de faire de la politique a toujours été présente chez Yusuf Dagli, 19 ans. « Je m’y intéresse depuis plusieurs années. L’envie s’est accrue une fois que je suis entré dans la vie active », explique-t-il. Le jeune commercial, d’origine turque, a décidé de se présenter dans la 11e circonscription du Rhône, sous les couleurs du PEJ (Parti Egalité Justice).

« J’ai ressenti que les choses étaient réellement difficiles et qu’il fallait changer tout ceci avec des personnes issues de la société civile, venant de la France d’en bas. D’où mon engagement », se justifie-t-il.

Collage d’affiches

Mais, là encore, pas facile de se faire entendre quand on souffre d’un déficit de notoriété. « C’est moi qui finance ma campagne, avoue Yusuf qui a également fait appel aux dons. Ce qui n’a pas vraiment fonctionné ». Alors le jeune homme, qui a créé une page sur les réseaux sociaux, s’est « limité au strict minimum ».

Par manque de budget, il n’a pu envoyer de profession de foi et de bulletins. Pour le reste, il s’est débrouillé seul. Ou presque. Ses week-ends, il les a passés en grande partie à mener campagne sur le terrain. « J’ai des amis qui m’ont aidé à coller les affiches. On a aussi fait du porte à porte pour distribuer mes tracts. » Rien, semble-t-il, ne l’a découragé. « Je suis toujours resté motivé, animé par l’idée que les citoyens doivent désormais être placés au cœur de la politique. »