Résultats Législatives: Najat Vallaud-Belkacem fait naufrage à Villeurbanne

ÉLECTION L’ex ministre, candidate PS dans la 6e circonscription du Rhône, s’est qualifiée au second tour, mais loin derrière le candidat LREM…

Elisa Frisullo

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L'ex ministre de l'Education a échoué au premier tour des législatives à Villeurbanne face au candidat LREM Bruno Bonnell.
L'ex ministre de l'Education a échoué au premier tour des législatives à Villeurbanne face au candidat LREM Bruno Bonnell. — SIPA
  • Bruno Bonnell devance très largement l'ex ministre de l'Education nationale.
  • Depuis 1988, la 6e circonscription n'a échappé qu'une seule fois au PS.

En misant sur Villeurbanne, il y a trois ans, avec le soutien du PS local, elle imaginait sans doute remporter le combat facilement. Mais c’était avant la vague macroniste et le cuisant échec du Parti socialiste à la présidentielle. Dimanche soir, l’ex ministre de l’Education Najat Vallaud Belkacem a remporté seulement 16,54 % des voix dans la 6e circonscription du Rhône, loin derrière le candidat de la République en marche Bruno Bonnell (36,69%).

Un faible résultat qui lui permet de se qualifier au second tour, certes, mais avec de maigres chances de sortir gagnante du duel avec l’entrepreneur de 58 ans, figure emblématique du jeu vidéo français.

Battue en 2007 face à Perben

L’ancienne adjointe lyonnaise, dont la carrière politique a été lancée par l'ex maire devenu ministre de l’Intérieur Gérard Collomb -s on ancien mentor avec lequel les relations se sont refroidies - peut quand même se satisfaire d’avoir mieux fait sur cette circonscription que Benoit Hamon au premier tour de la présidentielle (9 %). Mais il s’agit d’une bien maigre consolation pour la jeune femme, qui espérait décrocher à Villeurbanne le poste de député qui lui avait échappé en 2007 dans la 4e circonscription face à Dominique Perben.

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Le naufrage qui s’annonce serait d’autant plus cuisant que depuis 1988, la circonscription n'a échappé qu'une seule fois au PS (le RPR avait gagné en 1993). Pour éviter ce scénario, la candidate PS n’a pourtant pas ménagé ses efforts ces dernières années pour faire sa place à Villeurbanne. Elle y a acheté son appartement et a fait acte de présence dans la commune dès que son agenda ministériel le lui permettait.

Une forte présence sur le terrain

Se sentant clairement menacée après l’élection d’Emmanuel Macron et l’investiture du candidat En marche, l’ancienne ministre a mené ces dernières semaines, une véritable campagne de terrain, rappelant, sur cette terre de gauche, son attachement sans faille au parti socialiste.

« J’ai refusé de me soumettre, de mettre un torchon sur mes convictions. Je l’ai refusé car je compte garder une liberté de parole qui me rende utile demain à l’assemblée nationale, expliquait début juin Najat Vallaud-Belkacem au micro de France Inter, sans nier les difficultés de son parti. « Oui, le Parti socialiste va mal. Si on veut le tirer de l’ornière, on a besoin de gens qui incarnent le renouveau et je crois en faire partie », admet-elle dans les colonnes de Médiapart.

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Des convictions qui risquent pourtant de ne pas suffire à battre son adversaire issu de la société civile, proche de Gérard Collomb, qui a fait de son peu d’expérience en politique la principale arme de sa campagne.

« Je n’ai jamais été encarté, je n’avais jamais tracté. Mes adversaires critiquent mon inexpérience politique ? Mais à combien de dirigeants de start-up qui ont réussi on a reproché leur inexpérience entrepreneuriale ? Les partis traditionnels en sont restés au stade de la chrysalide, car ils ne veulent pas se transformer. Alors que nous sommes devenus des papillons, qui regardent le monde de haut », a déclaré Bruno Bonnell dans Challenges.