Pro A: Pression, relâchement, public... Pourquoi l'Asvel perd tous ses matchs de play-offs à domicile

BASKET En s’inclinant à deux reprises contre Strasbourg à l’Astroballe, les Villeurbannais ont compromis leurs chances de préserver le titre de champion de France…

Jérémy Laugier

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Casper Ware et l'Asvel n'ont pas su boucler la série à l'Astroballe face à la SIG de Frank Ntilikina.
Casper Ware et l'Asvel n'ont pas su boucler la série à l'Astroballe face à la SIG de Frank Ntilikina. — Avicom
  • L’Asvel est encore en lice pour accéder à la finale de Pro A malgré trois revers en trois rencontres à domicile durant ces play-offs
  • Le match 5 de la demi-finale face à la SIG s’annonce bouillant vendredi, dans une série assez folle qui rappelle le dénouement de la saison précédente

« Qu’est-ce qu’il se passe à l’Astroballe, il y a un virus ou quoi ? » Lorsqu’Amara Sy a appelé ce mercredi son petit frère Bandja, ailier à l’Asvel, il a eu du mal à masquer sa stupéfaction devant la tournure de cette demi-finale de Pro A. En trois jours, les Villeurbannais ont en effet dilapidé dans leur salle les deux succès obtenus à Strasbourg (2-2). Les hommes de JD Jackson devront donc réaliser un exploit de plus en Alsace vendredi lors du match 5 afin de défendre en finale leur titre de champion de France.

Le tout sans avoir remporté la moindre rencontre à domicile durant ces play-offs. « C’est à coup sûr du jamais vu en Pro A, assure le Monégasque Amara Sy, qui a vécu sa 16e saison professionnelle en France. Dans ma tête, la série était déjà pliée après la première victoire à Strasbourg. Alors à 2-0 avec deux chances de conclure à Villeurbanne… »

« Par chance, on joue la belle à l’extérieur ! »

Comment la dynamique a-t-elle pu se stopper si net à l’Astroballe (64-67 puis 64-68), comme contre Monaco en quarts (2-1) et durant toute la saison régulière (8 défaites en 17 journées) ? « Nos difficultés à domicile se vérifient, constate l’international tricolore de l’Asvel Charles Kahudi. Il n’y a pas de raison particulière. Par chance, on joue la belle à l’extérieur ! » Une boutade qui n’en est pas vraiment une.

« Je crois beaucoup en la notion de momentum, d’élan sur lequel il faut surfer, confie Alexandre Ménard, entraîneur principal du Mans lors de la deuxième partie de saison. Inconsciemment, l’Asvel s’est sans doute relâchée avant le match 3 en se disant qu’il lui resterait quoi qu’il arrive une autre opportunité à domicile. Et avant le match 4, la pression s’est inversée avec en plus la présence de Tony Parker, contre une équipe ayant l’instinct de survie. »

« Pas une salle dans laquelle on a peur de se rendre »

La ferveur d’une Astroballe pourtant à guichets fermés dimanche et mardi (5.564 spectateurs) est également en cause. « Ce public ne met en tout cas pas la pression à ses joueurs », indique Amara Sy, qui a porté le maillot villeurbannais durant neuf ans. « Mais ce n’est pas non plus une salle dans laquelle on a peur de se rendre, contrairement à Limoges et Chalon-sur-Saône », estime Alexandre Ménard.

Ajoutez à cela « le sentiment de revanche » animant la SIG, battue l’an passé par l’Asvel en finale (2-3 après avoir mené 2-0) et vous comprendrez mieux comment la Green Team se retrouve aux portes d’une sacrée désillusion.