Législatives: La Loire va-t-elle se mettre en marche?

POLITIQUE Les ambitions de la droite, majoritaire dans ce département, pourraient être perturbées par la présence des candidats LREM, pourtant de parfaits inconnus et par le FN…

Caroline Girardon

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Illustration: une urne contenant des bulletins de vote en France.
Illustration: une urne contenant des bulletins de vote en France. — Fred LANCELOT/SIPA
  • La droite détient quatre des six circonscriptions du département.
  • Les cartes pourraient être rebattues en raison des forts scores réalisés par Emmanuel Macron et Marine Le Pen lors du premier tour de la présidentielle.

Le département de la Loire qui compte six circonscriptions, détenues majoritairement par la droite à l’exception des deux circonscriptions de Saint-Etienne, va-t-elle se mettre en marche pour offrir au président de la République une majorité ? Ou le FN qui était arrivé en tête du premier tour de la présidentielle (24 % pour Marine Le Pen) va-t-il confirmer sa percée ? C’est tout l’enjeu du scrutin à venir. A quelques jours de l’échéance, « 20 Minutes » fait le point sur la situation.

La gauche n’est pas assurée de conserver Saint-Etienne. Dans la 1ere circonscription, Régis Juanico, député PS sortant, a décidé de se représenter. Mais aux regards des résultats enregistrés par le parti socialiste à la Présidentielle (8,16 % sur l’ensemble de la ville), la tâche s’annonce difficile pour ce proche de Benoît Hamon, frondeur de la première heure. Il trouvera sur son chemin, Gilles Artigues qui défendra les couleurs de l’UDI et des Républicain, ancien député de la circonscription, qu’il avait battu en 2007. Dix ans après, le duel entre ces deux poids lourds de la politique locale pourrait bien être arbitré par une parfaite inconnue, Magalie Viallon, chercheur au CHU de Saint-Etienne, investie par la République en Marche.

Dans la deuxième circonscription, Jean-Louis Gagnaire (PS) a annoncé qu’il ne se représenterait pas. L’élu, proche dans l’ancien président de région Rhône-Alpes Jean Jack Queyranne a claqué la porte du parti socialiste, il y a quelques mois pour soutenir Emmanuel Macron dans la course à la Présidentielle. Résultat, c’est son attaché parlementaire Jean-Michel Mis qui a été investi par LREM. Le PS qui s’est allié à EELV mise sur Olivier Longeon tandis que les Républicains se rangeront derrière Alexandra Ribeiro-Custodio, adjointe au maire de Saint-Etienne.

Pas de candidat PS dans la 4e circonscription. Le scénario peut paraître cocasse mais le parti socialiste n’aura aucun candidat dans ce giron de la droite. Petite explication : la candidate qui devait porter les couleurs du PS a préféré soutenir Emmanuel Macron pendant la Présidentielle. Un soutien qu’elle a essayé de rentabiliser en demandant l’investiture pour les législatives. C’était mal connaître LREM qui a refusé, préférant investir David Kauffer.

La bataille de la 4e devrait se résumer à un duel (voire une triangulaire) entre la droite et LREM. Dino Cinieri (LR), le député sortant pourrait être handicapé par la présence d’Olivier Joly, le maire divers-droite de Saint-Just-Saint-Rambert. Prétendant incarner le renouveau politique, ce dernier bénéficie d’un soutien de poids, celui de Bernard Bonne, le président du conseil général de la Loire. A surveiller également de près le score que pourrait réaliser le FN. Il avait atteint presque 40 % lors de la Présidentielle.

Le FN en embuscade dans le 3e. S’il ne semble pas en mesure de remporter la troisième circonscription, le front national pourrait s’inviter au second tour et jouer les trouble-fête, compliquant la tâche de  François Rochebloine (LR-UDI), installé dans son fauteuil depuis 28 ans.

Yves Nicolin passe la main, la droite en danger dans la 5e.  Yves Nicolin, le maire LR de Roanne, député sortant, a décidé de ne pas rempiler pour un sixième mandat. Farouchement opposé à la loi sur le non-cumul des mandats, il s’est plié à l’exercice en choisissant sa mairie. Il sera donc suppléant en cas de victoire de Clothilde Robin. Mais la bataille pour récupérer son fauteuil s’annonce rude. Là encore, LREM a fait le pari de miser sur une inconnue qui pourrait déjouer les pronostics, Nathalie Sarles. Le FN, par l’intermédiaire de Sarah Brosset, qui avait pourtant annoncé son retrait de la vie politique en 2015, est en mesure de provoquer une triangulaire.