Georges Fenech est le député sortant.
Georges Fenech est le député sortant. — ALAIN JOCARD / AFP

POLITIQUE

Législatives: Georges Fenech en difficulté face au FN dans le Rhône

Avec 35,87% des voix, Marine Le Pen a fait mieux que son score national sur cette circonscription...

  • Le FN était présent au second tour en 2012 avec Agnès Henry
  • Le député sortant Georges Fenech (LR) est en difficulté

A 28 ans, Antoine Mellies représente un espoir pour le Front national. Candidat pour son premier siège de député, le conseiller municipal de Givors veut rafler la mise sur la 11e circonscription (Givors, Condrieu, Mornant, Saint-Symphorien-d’Ozon) : « En 2012, le FN était au second tour [NDLR : Agnès Henry] et Marine Le Pen a pulvérisé ses scores lors de la présidentielle. Il serait inacceptable qu’aucun député FN ne représente le Rhône. »

Fugit le nouveau venu

Antoine Mellies donc déroule le programme du FN, adapté localement. « La 11e circonscription est une petite France, avec de la diversité, des questions d’aménagement du territoire, de ruralité, de zones périurbaines… Et j’ai une légitimité alors que, en face, il y a un candidat anonyme et un candidat ambigu. » Les punchlines contre, respectivement, Jean-Luc Fugit (La République en marche) et Georges Fenech (Les Républicains, député sortant) sont dégainées… Ce qui fait sourire le premier. « Ces reproches viennent de personnes qui ont été élues ailleurs », dit-il comme pour rappeler qu’Antoine Mellies est aussi conseiller régional pour… l’Ardèche.

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« Cette campagne montre l’opposition entre les anciennes pratiques et les nouvelles, insiste celui qui est aussi vice-président de l’université de Saint-Etienne. Les mentalités changent. » Autrefois conseiller municipal PS à La Grand’Croix (Loire), Jean-Luc Fugit a été séduit par la démarche d’Emmanuel Macron. « J’habite sur cette circonscription et on ne peut pas être élu ailleurs que son lieu de résidence. Il faut aller au-delà des clivages et donner une majorité au président. Sur la 11e circonscription, cela concerne des thèmes comme le chômage, la sécurité, l’école, les transports… Et cela fait 20 ans que je travaille dans la région pour l’insertion professionnelle. » Et d’insister : « On n’est plus dans une logique de partis. »

« Un nouveau visage avec des discours abracadabrantesques… »

Un argument réfuté par Georges Fenech. « Les partis restent importants », plaide celui qui s’était fait remarquer en réclamant le retrait de François Fillon pendant la campagne présidentielle. Aujourd’hui, le député essaie de conserver une circonscription qui a placé François Fillon à la 3e place au premier tour. « Le score ne correspond pas à la réalité car la campagne a été polluée par les affaires, se défend-il. Les électeurs vont regagner leur famille. Après deux tours gâchés par les affaires et la présence du FN, on va parler du fond. » Même face à Antoine Mellies… « C’est le même FN que j’ai battu en 2012, dit-il. C’est un nouveau visage mais avec des discours abracadabrantesques. »

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Les autres candidats sont : Jules Joassard (PS), Christine Valentin (France insoumise), Jérôme Bub (EELV), Raymond Combaz (PCF), Olivier Minoux (LO), Philippe Badoil (Debout la France), Gaëlle Bouvier (UPR), Jean-Michel Herbillon (Mouvement 100 %), Yusuf Dagli (Parti Égalité Justice), Jean-Mathieu Delacourt, David Amsellem, Dauphine Urvoy, Jacky Copede, Yvan Bachaud, Laurent Negro (sans étiquette).