Législatives: Quels sont les enjeux en Isère?

POLITIQUE Avec l’arrivée de La République en marche, la gauche locale se déchire…

Vincent Vantighem
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Michel Destot est député PS depuis 1988  // PHOTO : V. WARTNER / 20 MINUTES
Michel Destot est député PS depuis 1988  // PHOTO : V. WARTNER / 20 MINUTES — Vincent Wartner / 20 Minutes
  • Pourtant majoritaire, la gauche, désunie, pourrait perdre des sièges
  • En tête à Grenoble lors du premier tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon ne semble pas pouvoir poursuivre sur son élan

Depuis le début des années 2000, les députés de gauche sont majoritaires pour représenter l’Isère à l’Assemblée nationale. Mais l’arrivée de La République en marche bouleverse la donne. A quelques jours du scrutin, 20 Minutes présente les enjeux des législatives en Isère.

Le PS déchiré, la gauche divisée. En Isère aussi, La République en marche (LREM) chamboule tout. Le mouvement du président Emmanuel Macron a su attirer de nombreux représentants de la gauche pour investir leur candidature face à leurs anciens camarades. Le plus emblématique d’entre eux est Olivier Véran, député sortant sur la 1re circonscription, qui devra affronter Eric Grasset, candidat écologiste soutenu par le PS. Il en va de même pour le maire de Seyssins Fabrice Hugelé (4e circonscription).
Mais en plus de LRM, d’autres candidatures dissidentes viennent fragiliser le PS. Soutenu par le maire écolo de Grenoble Eric Piolle, le mouvement Ensemble pour gagner présente notamment Soukaïna Larabi (3e circonscription), pourtant issue du PS. Elle affrontera l’ancien maire de Grenoble Michel Destot et devrait être exclue du PS, à l'instar de tous ceux qui sont candidats en marge du parti.

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Mélenchon va-t-il s’essouffler ? Avec 20,52 % des voix en Isère et 28,88 % à Grenoble à l’issue du premier tour de la présidentielle, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon aurait pu rebattre les cartes dans le département, d’autant que le nombre d’adhérents a continué à augmenter pendant l’entre-deux-tours. Mais le jeu politique est toujours plus complexe et cela se vérifie sur le terrain où les Insoumis peinent à trouver des accords avec les alliés idéologiques (PCF, EELV). Résultat, les voix de l’extrême gauche pourraient se diluer dans les différentes candidatures, comme sur la 3e circonscription où s’affronteront le communiste Jean-Paul Trovero et l’Insoumis Raphaël Briot. Sur la 2e, le jeune Insoumis Taha Bouhafs (19 ans !) va même défier le communiste David Queiros, maire de Saint-Martin-D’Hères.

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La droite avec Bruno Gattaz, le cousin de qui vous savez. Pendant que la gauche se déchire, la droite, revigorée depuis sa victoire aux élections départementales, espère tirer son épingle du jeu. Pour cela, elle mise sur une certaine unité et a ciblé un adversaire : La République en marche. Et si les ténors du parti ont répondu à l’appel (Vincent Chriqui sur la 10e, Philippe Langenieux-Villard sur la 5e, ou Yannick Neuder sur la 7e), elle peut aussi compter sur un nom : Gattaz, Bruno de son prénom, le cousin du président du Medef. Maire adjoint de Julien Polat à Voiron, il s’est finalement lancé à la place de l’édile voironnais quand de ce dernier s’est décidé à ne pas se porter candidat. A seulement 32 ans, Julien Polat (l’homme qui monte en Isère) a décidé de prendre son temps et de prendre date pour l’avenir.