Savoie: Trente ans de prison requis contre «l'empoisonneuse de Chambéry»

JUSTICE La jeune femme, ancienne aide soignante est jugée pour avoir empoisonné treize patients d’une maison de retraite…

C.G. avec AFP
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Ludivine Chambet, jugée pour avoir empoisonné treize résidents d'une maison de retraite, à son arrivée le 9 mai à la cour d'assises de Savoie. Trente ans de prison ont été requis contre elle. 
AFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT
Ludivine Chambet, jugée pour avoir empoisonné treize résidents d'une maison de retraite, à son arrivée le 9 mai à la cour d'assises de Savoie. Trente ans de prison ont été requis contre elle. AFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT — AFP
  • Les treize empoisonnements, dont dix mortels, ont eu lieu entre 2012 et 2013
  • Aucune des victimes, âgées mais pas en fin de vie, n’avait exprimé l’envie d’abréger son existence

Trente ans de réclusion criminelle ont été requis lundi devant la cour d’assises de Savoie à l’encontre de Ludivine Chambet, l’aide-soignante accusée de treize empoisonnements de personnes âgées, dont dix mortels, en 2012 et 2013 dans une maison de retraite près de Chambéry.

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Agée de 34 ans, elle a été dépeinte par l’avocat général Pierre Becquet comme « une tueuse qui agit avec détermination mais pour des motifs obscurs ». Elle encourt la réclusion à perpétuité mais l’altération de son discernement a été retenue par le magistrat dans son réquisitoire.

« Elle reste désespérément muette »

« C’est difficile de regarder l’horreur en face et le pire serait de passer à côté », a déclaré Pierre Becquet, qui a longuement déploré la « confusion » entretenue selon lui par la jeune femme tout au long de son procès, démarré il y a dix jours.

« On aimerait bien que Ludivine Chambet nous réponde sur le passage à l’acte […]. Elle seule a la réponse et elle reste désespérément muette », a déploré le magistrat, pour qui « le grand absent du procès, c’est Ludivine Chambet elle-même ! »

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L’accusée n’a jamais expliqué clairement pourquoi elle avait administré des cocktails de psychotropes à des résidents âgés mais pas en fin de vie et dont aucun n’avait exprimé l’envie d’abréger son existence.

« Elle ose prétendre qu’elle ne voulait pas donner la mort et qu’elle ne se doutait pas qu’elle donnait la mort ! Elle nous parle de “transfert de sa souffrance” », a lancé l’avocat général lors d’un réquisitoire sans concession, évoquant une « souffrance autoproclamée » de l’accusée, née avec une maladie génétique rare et dépressive depuis l’âge de 18 ans mais qui vivait dans « un cadre familial idéal » selon lui.

« On restera sur notre faim jusqu’à la fin »

A l’époque des faits, l’aide-soignante, fille unique, célibataire et sans enfant, avait accompagné jusqu’au bout sa mère atteinte d’une leucémie fatale et avait été dévastée par cette perte alors qu’elle entretenait une relation fusionnelle avec elle.

« On restera sur notre faim jusqu’à la fin », a estimé Pierre Becquet, qui a également demandé, au vu du « pronostic désespérant » de l’évolution psychique de l’accusée, « un suivi socio-judiciaire d’au moins 10 ans avec une injonction de soins ». Le verdict est attendu mardi.