Législatives: Quels sont les enjeux dans le Rhône?

POLITIQUE L'issue du scrutin s'annonce incertaine dans ce département, historiquement à droite, où la gauche gagne pourtant de plus en plus de terrain depuis vingt ans... 

Caroline Girardon

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Illustration d'un électeur en train de glisser un bulletin dans une urne.
Illustration d'un électeur en train de glisser un bulletin dans une urne. — DAMOURETTE/SIPA
  • Le département du Rhône est historiquement à droite mais la gauche gagne de plus en plus de terrain depuis vingt ans
  • Le FN ne semble pas en mesure d’emporter une circonscription mais pourrait s’inviter au deuxième tour lors de triangulaires

De quelle couleur va se teinter le département du Rhône le soir du 18 juin ? Les circonscriptions acquises à la droite vont-elles le rester ou les électeurs vont-ils se mettre en marche pour donner une majorité au nouveau président de la République, Emmanuel Macron ? A moins de trois semaines du premier tour, 20 Minutes dresse les enjeux du scrutin dans le Rhône.

Le Rhône peut-il basculer à gauche ? Si le département a toujours été historiquement de droite, force est de constater que la gauche a fortement gagné du terrain ces vingt dernières années. Un exemple loin d’être anecdotique : en 1997, Gérard Collomb, que personne n’imaginait un jour maire de Lyon et encore moins numéro deux du gouvernement, essuyait un cuisant revers dans la 1ère circonscription, sèchement battu au second tour par Bernardette Isaac-Sibille. Mais l’élu a su se montrer patient pour conquérir la capitale des Gaules et étendre l’influence du PS aux villes voisines.

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La droite qui régnait en maître sur le département, s’imposant en 2002 dans dix des quatorze circonscriptions, a petit à petit lâché du terrain. En 2012, elle ne détenait plus que huit circonscriptions.

La gauche peut-elle réussir en partant divisée ? A la question de savoir si la gauche peut poursuivre sur sa lancée, peu répondront avec certitude. Si elle a réalisé une percée indéniable ces deux dernières décennies, elle partira néanmoins divisée. La République En marche a investi des candidats dans chacune des quatorze circonscriptions. Le parti socialiste n’a pas voulu s’effacer et sera présent dans six circonscriptions (les 6e, 7e, 9e, 11e, 12e et 13e). Signe de fair-play ou d’impuissance ? Il a néanmoins laissé le champ libre aux marcheurs à Lyon en ne présentant aucun candidat dans les quatre circonscriptions de la ville.

Le FN peut-il remporter une circonscription ? Sur le papier, le Front national n’a guère de chance de remporter dans première circonscription dans le Rhône. Toutefois, au regarde des scores enregistrés par Marine Le Pen lors du premier tour de la présidentielle, il est fort probable qu’il s’invite au deuxième tour dans plusieurs circonscriptions du département. Des triangulaires ne sont pas non à exclure dans la 8e, 9e, 10e, la 11e ou la 13e.

Quelles sont les circonscriptions à suivre de près ? La situation la plus explosive ? Certainement à Villeurbanne (6e). Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Education nationale, ex-protégée de Gérard Collomb, prépare le terrain depuis longtemps. Elle pensait sûrement s’imposer facilement dans ce bastion socialiste. C’était sans compter sur la présence de l’entrepreneur Bruno Bonnell, investi par la République En marche ! Reste à savoir si la candidate de droite Emmanuelle Haziza va tirer profit de cette situation. Elle vient déjà de recevoir le soutien de Sophie Solmini, co-référente de la campagne présidentielle de En Marche ! à Villeurbanne, qui considère avoir été écartée par Bonnell.

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Dans la 2e, la très à gauche Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon, devenue au fil des années le poil à gratter de Gérard Collomb, a reçu un soutien de poids : celui de l’ancien président de la région Jean-Jack Queyranne. Le député sortant PS Pierre-Alain Muet s’est également rangé derrière elle. De quoi donner du fil à retordre à Hubert Julien-Laferrière (LREM) même s’il apparaît comme le grand favori.