Lyon: Ils créent une application de rencontres à l'aveugle pour «aller au-delà du physique»

START-UP Des trentenaires lyonnais se lancent sur un marché ultraconcurrentiel...

Vincent Vantighem

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Fabrice Nkoa Zoa, fondateur de Blind Me
Fabrice Nkoa Zoa, fondateur de Blind Me — C.Pac/20 Minutes
  • Selon l'Insee, la France compte 18 millions de célibataires
  • Lancée la semaine dernière, l'application Blind Me connaîtra une version anglaise à la fin de l'année

La scène de départ aurait pu figurer dans un épisode de la série Friends. « Tout est parti d’une discussion entre nous. Nous avions la trentaine et nous étions célibataires… »

Fabrice Nkoa Zoa décide alors d’entraîner ses amis Amandine, Nicolas et Sam dans « un pari fou, un peu barge » : la création d’une application pour faire des rencontres à l’aveugle. C’est ainsi qu’est née Blind Me.

« Il fallait prendre le contre-pied »

« L’idée m’est venue de Tinder dont je trouvais le concept génial, poursuit cet ancien orthopédiste de profession qui réside à Villeurbanne. Mais quid des gens qui ne sont pas photogéniques ? Il fallait donc prendre le contre-pied, casser les codes de ce genre de sites et ne pas dévoiler les visages. »

Le principe est simple : les profils, d’abord floutés, se dévoilent au fur et à mesure des échanges entre personnes intéressées. Pour des questions économiques – et pour peaufiner leur projet — les quatre amis lyonnais ont d’abord développé leur initiative sur Internet en 2016 avant de lancer l’application cette année et la version bêta (sur les systèmes d’application Android et IOS) depuis une semaine. Les créateurs revendiquent aujourd’hui 5.000 téléchargements.

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« Créer une telle application coûte jusqu’à 20.000 euros, poursuit Fabrice Nkoa Zoa, d’où l’importance d’avoir un développeur web (Nicolas Rosamont) dans l’équipe. » Les créateurs ont en effet su mettre leurs compétences au service de ce projet avec, également, un graphiste (Sam Tsan) et une responsable commerciale (Amandine Aretin).

« Sans tomber dans le cliché de la beauté intérieure… »

Ces jeunes start-upers se donnent un an et demi pour réussir dans leur entreprise. D’autant qu’ils s’attaquent à un marché ultra-concurrentiel. « Pour espérer être rémunérés, il faudra générer du volume, précise Fabrice Nkoa Zoa mais, pour nous, la France est avant tout un pays test avant de se lancer à l’international. C’est une question de mentalité : en France, on reste très attaché au physique alors que ce n’est pas le cas en Asie ou en Angleterre. » Une version anglaise verra donc le jour à la fin de l’année.

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D’ici là, les créateurs de Blind Me sont à la recherche d’investisseurs privés et vont mettre en place des événements pour faire parler de leur initiative. « La concurrence est forte, il faut donc être différent pour exister, ajoute le fondateur de l’application. La première réflexion qu’on nous a faite est de nous dire que c’est un site de rencontres pour les moches. Mais, paradoxalement, il y a 18 millions de célibataires en France alors qu’il y a de plus en plus de sites de rencontres ! Il faut donc aller au-delà du physique. Sans tomber dans le cliché de la beauté intérieure, on ne reste pas 10 ans avec quelqu’un uniquement pour son physique… »

Reste à voir, maintenant, si l’application saura séduire les célibataires…