Législatives: «Baronnie», «pratiques sectaires»... La campagne de Najat Vallaud-Belkacem à Villeurbanne s'annonce musclée

POLITIQUE Le chef d'entreprise Bruno Bonnell est candidat pour La République en marche dans la deuxième ville du Rhône...

Vincent Vantighem

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Najat Vallaud-Belkacem à l'Assemblée nationale, le 9 novembre 2016.
Najat Vallaud-Belkacem à l'Assemblée nationale, le 9 novembre 2016. — Eric FEFERBERG / AFP
  • A Villeurbanne, Emmanuel Macron a obtenu 27% des voix au premier tour de la présidentielle, loin devant Benoît Hamon (9%)
  • Najat Vallaud-Belkacem vise son premier mandat de député
  • En toile de fond se joue la rivalité entre Gérard Collomb et Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne

« Ça m’agace qu’on résume cette campagne à un duel entre Bruno Bonnell et Najat Vallaud-Belkacem. » Emmanuelle Haziza, candidate LR pour la 6e circonscription du Rhône, résume sans détour la situation.

Villeurbanne est le théâtre d’un affrontement entre l’ancienne ministre de l’Education et le chef d’entreprise Bruno Bonnell, investi par La République en marche. « Dans certaines circonscriptions, il n’y a personne en face du PS (sic), peste Jean-Paul Bret, maire de la ville et soutien de Najat Vallaud-Belkacem. On la punit d’avoir soutenu Hamon. »

« J’ai la ville chevillée au corps »

Ici se poursuit en fait la rivalité entre le maire local et Gérard Collomb, un des premiers soutiens d’Emmanuel Macron. « Collomb a la main sur les nominations, insiste Jean-Paul Bret. Le système de baronnie fonctionne à plein. »

Un argument que rejette Bruno Bonnell : « Je n’ai pas la réputation d’être quelqu’un qu’on prend en otage. Je ne veux pas être impliqué dans ce genre de relations tendues. » Et le candidat d’expliquer ses motivations : « J’ai été un des premiers chefs d’entreprise à soutenir Emmanuel Macron. Je ne pensais pas aller plus loin mais je ne voudrais pas être la voix qui lui manque pour avoir une majorité. Je veux mettre mon expérience au service du plus grand nombre. »

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Pour lui, le choix de Villeurbanne s’imposait : « Après notre départ d’Algérie avec mes parents, nous sommes venus ici. Nous n’avions plus de racines. C’est à Villeurbanne que j’ai effectué toutes mes études, créé mes entreprises, vécu mon premier baiser… J’ai la ville chevillée au corps. J’ai certes moins d’expérience que Mme Vallaud-Belkacem mais, moi, je connais bien Villeurbanne. »

« Marre de toujours voir les mêmes »

Les opposants de l’ex-ministre lui reprochent un parachutage et d’être « une professionnelle de la politique » (Bonnell). « Elle habite ici depuis trois ans, réplique Jean-Paul Bret. Le seul atout de M. Bonnell est d’être un candidat de Macron. Et ce n’est pas une tare d’être un politicien, d’autant que beaucoup viennent de la société civile. »

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Dans cet affrontement, Emmanuelle Haziza veut se faire entendre. « Beaucoup nous vantent le renouveau mais, nous, on le montre. Il faut s’engager sur le terrain, il ne suffit pas d’arriver trois semaines avant pour être élu ». Un tacle pour Bruno Bonnell. Un autre pour le clan Vallaud-Belkacem : « Les gens en ont marre de toujours voir les mêmes. Je n’ai pas attendu un an pour vivre ici. On participe à tous les événements dont la ville veut bien nous informer. Car il y a de la rétention d’informations, ce sont des pratiques sectaires. »

Dans cette bataille, d’autres candidats essaient de se faire entendre : Hervé Morel (DVD), Mathieu Soares (PCF), Claire Lainez (LO), Béatrice Vessiler (EELV), André Dubois (Debout la France), Stéphane Poncet (FN), Laurent Legendre (France Insoumise), Mohamed Barchi (Mouvement 100 %), Matthieu Gouttefangeas (Parti Chrétien Démocrate), Christian Dadat (UPR), François de Vergnette (Nouvelle donne) et El Yamine Guendoud (sans étiquette).