Lyon: La première auberge participative de France a ouvert à Lyon. C'est quoi le concept?

HÉBERGEMENT L’Alter’hostel, auberge participative et éco-responsable a ouvert ses portes le 24 avril, dans le 9e. Cette auberge respecte l’environnement et propose à ses « passagers » de s’intégrer à la vie locale lyonnaise…

Floriane Riquelme

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Les gérants, Alain Berhault et Samuel Boggio, assis devant le bar de l'auberge
Les gérants, Alain Berhault et Samuel Boggio, assis devant le bar de l'auberge — Floriane Riquelme
  • Alain Berhault et Samuel Boggio ont monté un projet novateur pour tisser des liens sociaux entre voyageurs et citoyens locaux.
  • L’auberge participative l’Alter’hostel ouverte récemment, met à disposition de ses visiteurs et des habitants du quartier des alternatives éco-responsables et citoyennes.

Des voyageurs jusqu’aux Lyonnais intéressés par le concept, l’Alter’hostel, auberge participative et éco-responsable, est ouverte à tous depuis le 24 avril dernier dans le 9e arrondissement de Lyon près des quais.

Fondée par Samuel Boggio, professeur d’EPS et Alain Berhault, ingénieur en énergie renouvelable et création de parcs éoliens participatifs, cette auberge unique en France propose à ses voyageurs de s’impliquer et de s’intégrer à la vie locale mais aussi de réduire leur empreinte écologique.

Une auberge ouverte à tous : voyageurs et locaux

Ce lieu ouvert à tous n’est pas seulement une auberge, mais aussi un workshop ou une salle événementielle où les gens peuvent venir pour travailler, se détendre ou tout simplement se retrouver ensemble. Il n’y a pas besoin de se connaître. « Tout le monde peut rentrer, ça peut aller de l’étranger aux personnes qui veulent travailler dans un endroit calme », explique Alain Berhault, l’un des gérants.

L’ambiance conviviale et joviale instaure automatiquement une proximité entre les « passagers » et les habitants lyonnais. Pierre confie ainsi qu’il aimerait que « le concept se développe plus dans la ville pour tisser les liens sociaux et créer des espaces communs ».

Au bar, du Col’Ardèche, pour remplacer la marque de soda américaine, à la bière locale, tout rend hommage au terroir. De plus, des activités pour faciliter la participation des voyageurs à la vie locale sont proposées. « Les passagers peuvent aller distribuer des repas au Resto du cœur du coin ou bien gérer la billetterie de l’Acte 2 Théâtre, le théâtre voisin par exemple », continue Alain.

Éco-responsable : « 40 % des rejets de CO2 proviennent du tourisme »

Samuel et Alain sont également très attachés à l’aspect éco-responsable de leur auberge. « Le tourisme pollue énormément l’environnement, il représente 40 % des rejets de CO2. L’empreinte écologique de chaque touriste est énorme », précise Alain. Ils souhaitent donc réduire l’empreinte écologique de chacun de leurs « passagers ». L’Alter’Hostel n’impose rien, il propose. Les cotons-tiges en bambou côtoient les classiques dans la microboutique. Il est possible de louer des vélos. Un compost est présent dans la cuisine tout comme des poubelles de tri qui se trouvent aussi dans chaque dortoir. « Nous vidons deux seaux de 15L par jour, rien que ça, c’est réduire l’impact écologique. »

Les deux gérants prennent des décisions éco-responsables. L’électricité dans l’ensemble du bâtiment provient d’un fournisseur d’électricité qui puise dans l’énergie renouvelable : éoliennes, solaire, hydraulique… Ils veulent également éviter le gaspillage de l’eau potable. L’eau de pluie est récupérée pour les plantes et l’entretien. « Pourquoi utiliser de l’eau saine pour tirer la chasse d’eau ? », souligne Alain. Des toilettes sèches à dérivation d’urine seront donc inaugurées le 20 mai, ce qui est une première dans un lieu collectif français.

Un voyage à l’origine du projet…

A l’initiative du projet innovant se trouve Samuel Boggio, professeur de sport. En 2011, il fait un tour du monde. Là, il ressent l’envie de s’intégrer à la vie locale des villes ou pays qu’il visite. Il commence à imaginer un espace qui pourrait permettre cette intégration car partout où il va il ne trouve aucun lieu qui permet aux voyageurs et aux habitants locaux de se réunir. De fil en aiguille, en avril 2015, il fait la descente du Rhône avec un ami pour lever des financements. Alain Berhault a rejoint le projet en cours de route. Finalement, au bout de deux ans, l’auberge voit le jour le 24 avril grâce à des financements participatif et régional.

Pour le moment, l’auberge attire plus pour ses prix abordables que pour son concept innovant et humaniste. Les tarifs vont de 18,50 euros pour un couchage dans un dortoir de 16 personnes en semaine à 25,50 euros par personne dans un dortoir de six le week-end. Néanmoins, Alain et Samuel voient déjà les passagers très intéressés par le projet. A l’avenir, l’auberge devrait recevoir le label Lyon, Ville Equitable et Durable.