Présidentielle: A Lyon, dans les bureaux pro-Fillon, on veut «faire barrage au FN»

SECOND TOUR Dans le sixième arrondissement de Lyon qui avait voté à 40% pour François Fillon le 23 avril, les électeurs affichent «sans hésitation» leur préférence pour Emmanuel Macron...

Caroline Girardon
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Illustration d'un bureau de vote dans le 6e arrondissement de Lyon
Illustration d'un bureau de vote dans le 6e arrondissement de Lyon — C.Girardon / 20 Minutes
  • Le sixième arrondissement de Lyon, historiquement de doite, a voté Fillon à 40% au premier tour. 
  • Reportage dans quatre bureaux de vote du secteur où les électeurs «se sont mobilisés pour «faire barrage au Front National»

Elle n’a pas hésité une seule seconde avant de mettre son bulletin dans l’urne. Jacqueline, 86 ans, réside dans le sixième arrondissement de Lyon. Un arrondissement qui avait voté à 40 % pour François Fillon au premier tour et relégué Marine Le Pen en cinquième position (6 %). Pour elle, ce sera Macron. Un choix qu’elle avait déjà fait le 23 avril.

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« Il est temps de laisser la place aux jeunes », lance l’octogénaire d’un sourire radieux. « La gauche et la droite ont engendré un désastre. Le centre trouvera peut-être la solution ». Et d’ajouter d’une voix malicieuse : « Il faut surtout éviter que le FN arrive au pouvoir ».

« S’abstenir c’est rester de côté, c’est ne rien faire »

Le choix a été moins évident pour Thomas et Pierre, âgés de 28 et 25 ans. Leur préférence s’était portée sur François Fillon au premier tour. Dans leur bureau de vote, le candidat LR avait enregistré un score de 48 %. Les deux amis, peu satisfaits des programmes des deux finalistes, ont voté blanc.

« C’est logique car on se retrouve dans aucun des deux candidats », argumentent-ils à l’unisson. Mais pas question pour autant de bouder les urnes. « S’abstenir c’est rester de côté, c’est ne rien faire. Voter blanc, c’est exprimer notre désaccord », ajoute Thomas, déplorant toutefois que le vote blanc ne soit pas pris en compte.

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Elle aussi avait opté pour le candidat Fillon au premier tour. Mais cette fois, Marguerite, 80 ans, a choisi Macron « sans hésitation et sans murmure ». « Je n’aime pas les racistes », tranche-t-elle à la sortie de l’isoloir. « Pendant la guerre, on a massacré des millions de juifs. Je ne dis pas que Marine Le Pen fera la même chose mais elle tient les mêmes propos que son père, qui parle de détails de l’histoire ».

« Certains de mes amis sont des rescapés des camps. Il ne faut surtout pas que le FN prenne le pouvoir. On ne veut pas des Le Pen, que ce soit le père ou la fille. Car les chiens ne font pas des chats. Ils sont pareils », martèle son amie Simone, du haut de ses 91 ans. Simone qui a « toujours voté ».

« Certains de mes amis sont rescapés des camps. Si Le Pen passe, je suis prête à descendre dans la rue »

« On a tellement honte de ce qui a été fait pendant la guerre qu’il fait éviter que cela se reproduise. Croyez-moi, on sera les premières à descendre dans la rue s’il le faut », préviennent les deux dames, avant de prendre congé.

Même réaction du côté de Claudette, 73 ans. La septuagénaire avait glissé un bulletin Fillon dans l’urne, le 23 avril dernier. Dimanche, elle ne s’est pas posée de questions en votant Macron. « Tout ne me satisfait pas chez lui mais c’est quand même mieux que Le Pen. Elle est trop fermée. Elle est contre l’Europe et contre les immigrés ». Et de poursuivre : « Je ne comprends pas comment on peut rejeter des immigrés. Pensez-vous qu’ils fuient leurs pays en guerre par plaisir ? Et si on ne les accueille pas et qu’on ne les aide pas, qui le fera à notre place? »

« Besoin de contrecarrer les extrêmes »

Rose, 47 ans, a également choisi Macron, comme au premier tour. « Aujourd’hui, mon choix est encore plus évident car on a besoin de contrecarrer les extrêmes », explique cette mère de famille. « Ce deuxième tour a un goût de déjà-vu guère agréable. On aurait aimé s’en passer. Mais je souhaitais que mon vote ait encore plus de portée qu’il y a quinze jours ».

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Au moment d’enfourcher son vélo, Aymeric, 32 ans, laisse entendre qu’il a fait le même choix que ses prédécesseurs, sans toutefois le confirmer. Lui avait choisi Mélenchon au premier tour. Il est allé voter « à contrecœur », préférant ne pas mettre un bulletin de vote blanc dans l’urne. « J’ai dû mal à accepter d’avoir glissé ce bulletin-là. Mais à un moment, j’ai été obligé de trancher entre mes convictions personnelles et mon devoir de citoyen », répond-il.