Ajax-OL: Pourquoi le fiasco lyonnais à Amsterdam est finalement tout sauf un hasard

FOOTBALL Balayés (4-1) par l'Ajax mercredi, Les Lyonnais ont en fait compilé lors du match le plus important de la saison leurs nombreuses faiblesses depuis de longs mois...

Jérémy Laugier

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A l'image de tout l'OL, Nabil Fekir et Rachid Ghezzal n'ont vraiment pas montré leur meilleur visage mercredi à Amsterdam. Emmanuel Dunand
A l'image de tout l'OL, Nabil Fekir et Rachid Ghezzal n'ont vraiment pas montré leur meilleur visage mercredi à Amsterdam. Emmanuel Dunand — AFP
  • Lyon n'a pas été à la hauteur d'une demi-finale de Ligue Europa.
  • Pour une équipe qui compte 21 défaites cette saison, avec une défense si souvent aux abois, est-ce vraiment une surprise?

Les supporters lyonnais commençaient depuis plusieurs semaines à guetter les billets d’avion pour Stockholm le 24 mai. Leur rêve d’une première finale européenne dans l’histoire du club a sérieusement été douché mercredi à Amsterdam, au cours d’une demi-finale aller assez cataclysmique (4-1). Si à chaud, ce scénario pouvait sembler hallucinant contre une équipe aux allures de Youth League, il se révèle finalement presque implacable au vu des carences affichées cette saison par l’OL.

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Le marasme défensif n’est pas né à Amsterdam. Avec quatre buts encaissés, 16 tirs cadrés concédés et des boulevards de plus en plus dingues laissés au fur et à mesure du match, Lyon a peut-être vécu son naufrage défensif référence cette saison. « On a perdu des ballons dans des zones où cela ne pardonne pas, regrette notamment Bruno Genesio. Toute l’équipe a failli défensivement et depuis le début de saison, c’est là aussi que le bât blesse chez nous. » Il faut dire que l’OL, seulement 10e défense en Ligue 1, n’en est pas à son coup d’essai en termes de « buts cons pris » (dixit Lucas Tousart).

Morel, Tousart, Lopes, Diakhaby, Nkoulou et évidemment Gonalons (qui s’arrête pour réclamer un hors-jeu lors du quatrième but) ont tous été impliqués directement sur les réalisations néerlandaises. « On a été bousculés d’entrée par leur pressing », souligne Anthony Lopes, souvent livré à lui-même et auteur de 12 arrêts au total. Lorsque des équipes comme le PSG, l’AS Roma, et même l’OM de Rudi Garcia (certes durant une petite demi-heure) ont adopté la même stratégie, les Lyonnais ont systématiquement souffert.

L’OL se présente avec trop peu de certitudes. « En face, on avait une équipe ayant une philosophie de jeu propre à elle qui nous a posé beaucoup de difficultés », a constaté Maxime Gonalons mercredi. On ne peut décidément pas en dire autant d’un OL toujours aussi imprévisible et sans garantie dans le jeu. L’Ajax est fidèle depuis 370 ans au 4-3-3 ? Bruno Genesio a passé sa saison à jongler entre différents systèmes pour finalement reconduire un 4-2-3-1 avec deux profils de milieux défensifs identiques (Gonalons et Tousart) dans le match le plus important.

L’Ajax a dégagé beaucoup d’assurance avec une prometteuse charnière De Ligt (17 ans)-Sanchez (20 ans) ? Bruno Genesio a choisi de reconduire Nicolas Nkoulou, pourtant hors du groupe de novembre à avril, aux côtés de Mouctar Diakhaby (20 ans), encore trop « fou fou » pour le très haut niveau. Pendant ce temps-là, Emanuel Mammana était à nouveau relégué en tribunes. L’Ajax s’appuyait sur le solide et remuant Kasper Dolberg en pointe ? Alexandre Lacazette étant diminué, Bruno Genesio a dû se résoudre à aligner à ce poste Nabil Fekir, qui a gâché un duel (1-3, 69e) et qu’on n’imagine toujours aussi mal comme avant-centre.

Cette équipe s’est habituée à sombrer. Lyon a subi mercredi son 21e revers de la saison, toutes compétitions confondues. Un chiffre symbolique de l’inquiétante habitude de la défaite de ce groupe, qui a tout de même appris à vivre avec dans plus de 40 % de ses matchs. On ne peut pas être si surpris de voir une talentueuse équipe de l’Ajax couler un OL déjà renversé par Dijon (2-4) ou Caen (2-3), mais aussi deux fois par Lorient (0-1, 1-4) et même à trois reprises par Guingamp. Si les Lyonnais ont parfois su être dans la réaction (surtout contre la Juve, l’AS Roma et Besiktas, comme par hasard), les images de têtes vite baissées n’ont vraiment pas manqué depuis quelques mois.

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La réussite européenne ne pouvait pas durer éternellement. Logiquement reversé en Ligue Europa en décembre, Lyon a d’abord eu la réussite de tomber en 16es sur la très faible formation d' Alkmaar, 5e du championnat néerlandais à 26 points de l’Ajax. Contre l’AS Roma au tour suivant, l’OL a souffert dans trois des quatre mi-temps du double affrontement. Mais un vent de folie au Parc OL (de 1-2 à la pause à 4-2) lui a permis d’arracher une qualification assez inespérée.

Son bouillant quart de finale contre Besiktas a également tourné du bon côté, surtout grâce à une bévue monumentale du gardien Fabbri à l’aller sur… le premier but depuis deux ans de Jérémy Morel puis grâce à une série de tirs au but mieux gérée que d’habitude au retour. C’est la preuve que le parcours 2017 de l’OL ne tenait qu’à un fil en Ligue Europa. Celui-ci a violemment cédé mercredi à Amsterdam.

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