Présidentielle: «Rien de ce qui nous concerne n’est abordé», regrettent des étudiants de Villeurbanne

REPORTAGE Les étudiants du campus lyonnais ne se sentent pas concernés par les thèmes de la campagne, qui a occulté les thèmes concernant les banlieues…

Vincent Vantighem

— 

La banlieue lyonnaise s'étend au-delà du site de La Doua
La banlieue lyonnaise s'étend au-delà du site de La Doua — C. Pac
  • «20 Minutes» est allé à la rencontre des étudiants sur le site de La Doua à Villeurbanne
  • Les jeunes regrettent que «la banlieue ne soit pas une priorité»

Il y a ceux (nombreux) que la présidentielle « n’intéresse pas » et qui n’iront « pas voter ». Et il y a une petite majorité qui suit les débats sans pour autant se sentir concerné par les thèmes développés durant la campagne électorale.

« Dès que cela touche l’humain, cela n’intéresse plus les politiques », regrette Melody, 22 ans, étudiante en sciences et techniques des activités physiques et sportives. Comme cette habitante de Villeurbanne, de nombreux étudiants lyonnais fréquentant le campus de La Doua viennent de banlieue. Et ils regrettent que les candidats aient oublié d’en parler.

« Ce n’est pas une priorité pour eux, ajoute Maxime, habitant de Meyzieu, également étudiant en Staps. Durant cette campagne, ils n’ont parlé que de choses futiles ou de la finance. » « Il y aurait pourtant des choses à dire, estime Wael, 20 ans, originaire de Bron. Chez moi, il y a des groupes scolaires, des lycées, ce sont les générations futures. On sait qu’il y a des problèmes, les candidats devraient insister pour proposer des solutions, se pencher réellement dessus. J’attendais plus de débats sur ce sujet. »

« On ne parle pas de nous »

Ces étudiants font pourtant partie de ceux qui ont suivi la campagne, étudié les programmes et regardé les débats à la télévision. « On est concernés, oui, mais on ne parle pas spécialement de nous », estime Yvan, 19 ans, originaire de Seine-et-Marne, étudiant en bio-informatique.

Voilà pourquoi certains décident de s’investir et de s’inviter dans les débats. C’est le cas d’Olivier, 26 ans, habitant de Vaulx-en-Velin. Cet étudiant en physique-chimie est membre de l’Alliance des jeunes révolutionnaires et, à ce titre, distribuait ce mercredi un tract sur le campus pour renvoyer dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen. « La banlieue n’a pas du tout été abordée car, avec cette affiche du second tour, nous sommes dans la distraction stratégique, accuse-t-il. On ne parle pas du social et, avec Le Pen, on réduit la banlieue à l’immigration. »

>> A lire aussi : Présidentielle: Emmanuel Macron candidat en banlieue, juste pour le symbole?

Vie quotidienne, logement, éducation… Les jeunes croisés sur le campus de Villeurbanne se sentent oubliés des débats. « De toute façon, ils n’ont pas le temps de développer les quelques thèmes qu’ils abordent », regrettent Maxime, Melody et Pablo. « Rien de ce qui nous concerne n’est abordé, ajoute Wael, je n’attends rien de spécial de cette campagne. Je ne vois pas venir de changement. »