Lyon: Ils ont manifesté pour dire «Tout sauf Macron»

POLITIQUE Environ 200 personnes se sont réunies mardi soir sous la pluie place Bellecour...

Caroline Girardon

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Environ deux cents personnes sont réunies mardi soir à Lyon pour hurler
Environ deux cents personnes sont réunies mardi soir à Lyon pour hurler — C. Girardon / 20 Minutes
  • 200 personnes se sont rassemblées mardi soir à Lyon, terre macroniste, pour dire non à l'ancien Ministre de l'Economie.
  • Si certains ont préféré cacher leur préférence, d'autres affichaient clairement leur soutien à Marine Le Pen.

Leur mot d’ordre : « Envoyer un message à la France » et surtout dire « Non à Macron ». Environ 200 personnes se sont réunies à Lyon mardi soir place Bellecour afin de dénoncer « la plus grosse arnaque politique de l’histoire ». A savoir la présence d’Emmanuel Macron au second tour de la Présidentielle. Bien moins que les chiffres annoncés puisque les organisateurs misaient sur 2.000 participants.

Derrière ce mouvement spontané : David Van Helmeryck, un « activiste révolutionnaire » comme il se plaît à se présenter, « un chasseur de président » qui aimerait « faire tomber le système ». L’homme avait fait parler de lui en 2013, le jour de la commémoration du 11 novembre, lorsqu’il avait affiché dans le ciel au-dessus de Notre-Dame de Lorette, une banderole « Hollande démission ».

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« Macron est la continuation de Hollande, il est appuyé par les mêmes lobbies », argumente-t-il. Refusant de donner des consignes de vote, il a pourtant du mal à cacher sa sympathie pour « Marine ».

« Marine est pragmatique »

« Elle est capable de parler au-delà de son camp. S’allier à Dupont-Aignan [avec lequel il a travaillé] qui est un homme modéré et de confiance, montre à quel point elle est pragmatique », avance David Van Helmeryck, qui défend l’idée d’un mouvement « non partisan ». Mardi soir, sa manifestation était pourtant encadrée au niveau de la sécurité par des membres du Gud ou d’ Action française.

Marie-France, 21 ans et Constant, 24 ans, étudiants en droit, eux ne cachent pas leur préférence. Ils ont voté Front national au premier tour. « On a aucune envie d’être gouverné par un sbire d’Hollande », explique le jeune homme. « Macron est inconséquent. Son discours ? Du vent. Il n’a aucun programme défini, il mange à tous les râteliers et se contredit sans arrêt », poursuit son amie. Leur choix pour le second tour est fait depuis longtemps : ce sera « la candidate du peuple » et non celui « des riches ».

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« Moins seuls »

Les deux jeunes gens ont surtout voulu se rassembler avec d’autres électeurs d’extrême droite. « Toute la journée, on nous rabâche que Macron est formidable et que nous sommes fascistes ou méchants si l’on vote Le Pen », déplore Marie-France. « Ce soir, on se sent un peu moins seuls même si cette manifestation n’est pro FN », poursuit-elle.

Un peu plus loin, Jeanne et Charles, 18 ans, ont voté pour la première fois en avril. S’ils refusent de dévoiler leur préférence au premier tour, ils affichent néanmoins leur mépris pour l’ancien ministre de l’Economie. « Si Macron est élu, rien ne changera en France pendant cinq ans », déclarent-ils à l’unisson. « Le système politique actuel n’est pas le meilleur », constate la jeune fille, sensible à deux idées phares de Marine Le Pen : la sortie de l’euro et la préférence nationale.