Les mal-logés s'équipent face au Dalo

Dalya Daoud - ©2008 20 minutes

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Près de deux cents formulaires de demandes de logement retirés en seulement une semaine. Depuis le 2 janvier, date de l'entrée en vigueur du droit au logement opposable (Dalo), qui permet à chacun de demander un toit devant un tribunal, les demandes affluent à la préfecture du Rhône. « Il y en a déjà plus que le nombre de logements disponibles », s'inquiète Marc Uhry. Chargé de mission à l'Alpil (Action locale pour l'insertion par le logement), il est l'un des instigateurs d'un projet inédit, le « syndicat des mal-logés », qui se réunira pour la première fois demain*. Pour prétendre au Dalo, « les démarches administratives sont lourdes, et nous poserons donc des questions collectivement », annonce-t-il.

La préfecture a de son côté mis en place une commission de médiation pour étudier chaque dossier. Elle possède un contingent réservé de plus de 20 000 logements sur le parc public, mais la rotation des locataires reste faible. « Nous ferons pression sur les bailleurs privés pour qu'eux aussi mettent des logements à disposition », assure André Pollet, président de la commission. Mais Marc Uhry craint que le recours devant cette commission devienne « une machine à éliminer les candidats au logement ». « Ils doivent remplir des conditions précises et s'ils n'entrent pas dans les cases, leurs cas ne seront pas traités », indique-t-il. A la préfecture, les premiers formulaires de recours seront étudiés le 29 janvier.