Rhône: Un policier condamné pour avoir tabassé un suspect en garde à vue

JUSTICE Le brigadier, suspendu de ses fonctions, a écoppé de six mois de prison avec sursis...

C.G.

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Un policier devant une cellule de garde à vue (Illustration)
Un policier devant une cellule de garde à vue (Illustration) — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Son argument : « un état second ». C’est ainsi qu’il explique les raisons de son accès de violence. Thomas H, policier à Rillieux-la-Pape, dans le Rhône, a été condamné jeudi à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir porté plusieurs coups au visage d’un suspect pendant sa garde à vue. Six au total.

La justice lui a également interdit de remettre les pieds dans un commissariat pendant un an, en attendant que la commission de discipline de la police ne statue sur son cas.

Trahi par les images de vidéosurveillance

Le brigadier a été trahi par les images de vidéosurveillance de la cellule, projetées à l’audience. Pas la peine de se cacher derrière la légitime défense, ni derrière l’agressivité de la victime. Celui-ci dort quand Thomas H. le réveille subitement avec une lampe torche dans le visage, puis fait demi-tour avant de revenir dans la cellule quelques minutes plus tard.

La victime, Mohammed C, recroquevillée sur un banc de béton, l’invective, puis se calme. Le policier lui demande alors de se lever. Le gardé à vue refuse, en haussant les mains en guise de dépit ou de protestation. Son ton n’est pas cordial, mais il n’esquisse aucun geste de menace envers le fonctionnaire, qui réplique en le frappant six fois au visage. Bilan : quatre points de suture.

Un faux procès-verbal rédigé pour se couvrir

Réalisant « être sorti de ses gonds », le policier a ensuite rédigé un faux procès-verbal, pour se couvrir, admettant avoir seulement donné « deux tapes au détenu ». Histoire de le « ramener à la raison ».

Sa défense s’est appuyée sur le fait qu’il était en sévère phase de dépression depuis la séparation d’avec sa femme en 2014 et qu’il était sujet à des troubles d’humeur. Elle a aussi également mis en avant les insultes prononcées par le suspect toute la journée à l’encontre du brigadier, ce qui aurait accru la tension entre les deux hommes, et poussé à bout le policier.